Les parents ont une influence déterminante sur le futur (sur)poids de leur progéniture. Et, ce n’est pas seulement une affaire de transmission de gènes. Les enfants témoins des mauvaises habitudes alimentaires (grignotage, repas sautés) de leurs procréateurs ont pratiquement une chance sur trois d’être obèses ou en surpoids, très tôt, à l’age adulte. Du moins, quand on associe en plus un style de vie sédentaire, dominé par les activités « immobiles » (télé, jeux vidéo).

Ces données proviennent de la nouvelle étude de l’université de l’Arizona dont les résultats ont été annoncés lors du congrès de l’Association américaine de sociologie. Pour Ashley Fenzl Crossman, enseignante dans le département de sociologie de l’université de l’Arizona, « la quantité de temps passée dans les activités sédentaires et un facteur prédictif fort du gain de poids ». Rien de bien nouveau. Cependant, une des découvertes clé relevée par cette recherche concerne la prévention de l’obésité. En effet, nul besoin de pratiquer un sport intensif ou de courir deux heures par jour pour éviter le surpoids. Tout ce qui éloigne les enfants de la tendance « pantouflarde » est bon : la marche, les petits travaux, les clubs scolaires, le ménage… autant d’activités permettant d’éviter l’excès de poids.

D’autres points ressortent aussi de cette étude, qui a porté sur plus 6500 enfants âgés de sept à douze ans, les parents obèses ont plus de risque d’avoir des enfants obèses. Si l’hérédité intervient, il semble que ce ne soit pas le seul facteur d’influence. Pour clarifier cet état de fait, Crossman propose d’observer des adolescents adoptés par un couple dont au moins l’un des deux adultes est obèse, ce qui permettrait de faire la part entre part génétique et environnementale.

Les enfants issus de famille ayant un niveau d’éducation élevé ont eux, par contre, moins de risques d’être en surpoids plus tard, sans qu’un lien avec la réussite sociale des parents ait pu être établi. Pas plus de différences, d’ailleurs, dans les divers groupes ethniques étudiés ou dans les familles monoparentales et recomposées. Ce sont réellement les habitudes familiales qui conditionnent le futur « profil » de l’enfant. Les parents ont donc un rôle essentiel à jouer dans l’éducation alimentaire de leurs rejetons. A condition, bien sûr, qu’eux-mêmes aient pu adopter les bonnes conduites. D’où l’idée de Crossman, de faire des campagnes d’information spécifiquement dirigée vers les jeunes ou les futurs parents.

En France, on estime à plus de 10% le nombre de personnes présentant un surpoids. Lorsque ce dernier est trop important, outre l’aspect physique, c’est l’ensemble de l’organisme qui en supporte les conséquences. Au-delà d’un indice de masse corporel de 30, les risques de développer un diabète, de l’hypertension ou des problèmes cardiaques sont fortement augmentés.

Source: NouvelObs.com

Auteur: Joël IGNASSE.



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