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En premier lieu, ils ne savent pas de quoi j’ai été opérée, ils pensent que l’on vient de m’enlever l’anneau !
L’un d’entre eux, de colère, me jette le drap pour me recouvrir et quitte la chambre. Certains se permettent des réflexions aiguisées : pour eux, je suis juste là par coquetterie.
Certes, j’ai croisé dans les couloirs des personnes dans l’impossibilité de marcher car trop obèses, mais je n’en suis pas à mon premier coup d’essai, je ne viens pas de prendre trois ou quatre kilos pendant les fêtes, non, je yoyote depuis 20 ans à 30 kilos prés, j’ai un taux de triglycérides , de cholestérol, et ma glycémie a frôlé les 4 grammes.
Et vous pouvez me croire qu’ils les ont entendu les phrases choc !
NON, messieurs, je n’ai pas fait médecine, mais c’est pas une raison pour me laisser crever !
Je reste 5 jours, je mange mixé uniquement pendant cette période là, tout va très bien, je rentre à la maison, un contrôle tous les mois s’impose. (J’ai oublié de vous parler des modalités financières, c’est parce qu’il n’y en a pas : tout est pris en charge par la sécu).
Pendant 4 mois environ, en continuant d’aller chaque semaine chez Weight Watchers, je perds 14 kilos de mieux, ce qui m’amène à 64,1 kilos vers le mois de septembre, très peu de vomissements, sauf au mac d*, merci, depuis j’en suis guérie ! Dans mes temps forts, j’arrivais à manger jusqu’à 5 sandwichs,1 potatoes,1 sundae caramel. Tiens même de l’écrire, ça ne me fait plus envie.)
Noël : période critique de l’année pour moi en terme de nourriture, pour tout le reste, j’adore !
En plus je viens de subir l’échec de ma première insémination, avec hautes doses d’hormones injectables.
En l’espace de trois mois, je reprends 9 kilos. Je n’y croyais pas, comment peut-on reprendre du poids en ayant rejoint la « communauté de l’anneau » ? Et oui, on peut !
Je ne parle ici que de mon cas personnel, de mon expérience et de mon vécu.
Si je mange des rations alimentaires « normales » ou petites, l’anneau fait très bien son job et n’en accepte pas plus qu’il n’en faut. Par contre, si je mange sur quelques repas des quantités de plus en plus importantes, de manière progressive mais certaine, il laisse passer de plus en plus de nourriture, c’est donc la catastrophe, les mauvais comportements reviennent au grand galop, et les kilos avec.
Janvier 2007, serrage optimal, on m’emmène au bloc opératoire, je bois un liquide dégoutant mais qui a la particularité d’être opaque, le chirurgien pique dans le cathéter prévu à cet effet et relié à l’anneau par un tube, il envoie un certain nombre de cc d’un liquide de type liquide physiologique. Ce liquide, gonflant l’anneau creux en silicone, permet à celui-ci de serrer l’estomac.
Il serre jusqu'à que le liquide ne puisse plus couler, le chirurgien voit tout cela sur une radio, il ôte un petit peu de liquide et quand il voit un filet passer, il arrête. Cela fait une drôle d'impression. Pendant quelques secondes, j'ai cru que ma dernière heure était arrivée, c'est inoubliable et extrêmement désagréable.
Pendant quelques jours, il est recommandé de remanger mixé.
Le « boitier de contrôle » est placé à la gauche de l’anneau, il est invisible sous les vêtements, même sous un maillot de bain, il « tire » un peu après le repas mais à peine.
Depuis j’ai reperdu ces 9 kilos, puis repris, un peu, beaucoup, passionnément!
Le 18 septembre 2007, j’allai en consultation, à 10h30,et après mes déboires (fausse couche à 3 mois de grossesse),le chirurgien décida de me resserrer encore un peu : oups, je croyais que j’étais déjà en mode optimal !
Je dois remanger pendant quelques jours de nouveau mixé, c’est l’opération de la dernière chance. (69 kilos à ce jour, toujours chez Weight Watchers).
J’ai bon espoir d’arriver dans le futur à réguler mon insatiable envie de manger de tout, tout le temps, mais ce dont je suis certaine, c’est que je serais enfin débarrassée de ce fardeau quand je sortirai libre et filiforme de la cheminée du crématorium !
En attendant que ça m’arrive, pas trop tôt j’espère : j’ai un fils, un mari (très amoureux),une famille nombreuse et adorable à aimer passionnément, sans modération, ni contrôle, à dose massive et illimitée, alors elle est pas belle la vie?
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