La princesse de l’anneau.


En 2001, j’arrive au paroxysme de mon poids, chaque reprise ayant été plus élevée.

93,200 kilos pour 1m57, je ressemble à un cube : aussi large que haute.

Je sors d’un cancer du col, je suis guérie mais amputée du col, ce qui me vaut ma stérilité actuelle.
Ma dernière passion amoureuse a été un véritable échec, tant sur le plan psychologique que physique. En deux ans, j’accuse une prise de poids de 21 kilos (il avait honte de moi à 72 kilos, alors à 93!).

Après diverses prises de renseignements, je prends rendez-vous avec un chirurgien assez réputé à Nice. La liste d’attente est longue : 6 mois rien que pour la prise de contact. Qu’a cela ne tienne, je prends ce rendez-vous pour début juin.

Plusieurs facteurs sont intervenus pendant cet intervalle et m’ont fait changer d’avis : le premier, mon petit faisait des terreurs nocturnes a priori liées à des conversations entendues, puis une perte de 10 kilos dans ce même laps de temps. J’annule donc le rendez-vous une semaine avant.

Dans les années qui suivirent, j’ai amèrement regretté mon geste. C’est pourquoi après le bide du ballon (voir Témoignage de Norma : le ballon à air intra-gastrique), et cette fois avec l’assentiment de ma diabétologue, je me décide à faire poser un anneau gastrique. Elle me prescrit une batterie d’examens, qui seront effectués à la TIMONE à Marseille (hôpital bien connu des inconditionnels de «Plus belle la vie »).
Le fait que ma meilleure amie ait aussi choisi cette alternative n’est pas étranger à ma décision : je rejoindrai « la communauté de l’anneau ».

On m’enlève le ballon en février 2006.
Début avril 2006, je suis hospitalisée à la Timone pendant cinq 5 jours, dans le service endocrinologie - diabétologie en hôpital de semaine.
Je suis examinée sous toutes les coutures de la tête aux pieds (très important les pieds pour les diabétiques, c’est là où commence la gangrène.)
J’assiste même à une conférence sur la chirurgie de l’obésité : la pose du ballon, l’anneau, l’anneau agrafes, by-pass.
Je discute avec des personnes qui , comme moi, sont des naufragés du ballon ou des agrafes. Nous sommes enthousiasmés et me revoilà de nouveau au septième ciel, le miracle est là, à ma portée!

Je rencontre un psy, qui déterminera si je suis «digne de porter l’anneau ».
Heureusement , j’ai mon sésame. En effet, ma diabétologue m’avait demandé de perdre un peu de poids pour montrer ma maturité.
En février 2006, j’étais donc une fois de plus retourné chez Weight Watchers, SANS GRANDE CONVICTION il faut bien le dire. Pourtant lors de mon hospitalisation, j’avais déjà perdu, 10 kilos «juste en faisant Weight Watchers ».

Le dernier jour, je rencontre : LE CHIRURGIEN/
Il me questionne et m’écoute. Mes comportements alimentaires ne sont pas ceux d’une grignoteuse : Quand je mange (en dehors du contexte du repas), c’est toujours en grosse quantité, dans des endroits parfois inappropriés ,en cachette (mais pas toujours),et cela dure très longtemps.
Il y a de la compulsion mais pas de précipitation, je suis donc taxée de personne hyperphagique, boulimique sans vomissement.

Donc l’anneau est parfait pour moi, juste à ma taille, il ira à mon estomac comme un gant !

L’opération, sous anesthésie générale, s’effectuera un mois plus tard.
Les consignes préopératoires sont les suivantes : continuer de perdre du poids jusqu’à la date fatidique, une semaine avant l’opération : régime yaourt, pour dégraisser le foie. Hé oui chers lecteurs, j’ai appris pendant ces 5 jours qu’en fait je n’étais rien de plus qu’une oie (pas trop blanche), en effet ces longues années de bouffe massive ont fait de mon foie, un foie………….gras, dixit le radiologue.
On peut même développer une cirrhose du foie en étant gros. Pour moi qui ne boit pas d’alcool, c’est un comble !!!
Le foie gras pouvant gêner le geste du chirurgien, il est conseillé de le réduire un peu en ne mangeant que des yaourts pendant la semaine précédant l’opération, ce que je fais ,ne voulant pas tenter le diable.

A l’aube de l’opération, j’ai perdu 15 kilos, c’est le mois de mai, je rentre à la Timone, un peu angoissée, mais totalement heureuse.
L’opération se passe très bien, c’est le chirurgien qui l’a dit, moi je dormais, tant mieux !
Dés le lendemain, je suis sur pieds, coiffée, maquillée,....même pas mal !
Une cohorte de médecins, savants professeurs, externes et internes déboulent dans ma chambre, ouf, je venais juste de me repoudrer !poupoupidou…