Deuxième ombre noire au tableau, je décide de ne pas en tenir compte, argumentant que la dame avait peu de volonté.
Je suis euphorique, j’ai la solution, personne ne m’empêchera d’accomplir mon destin.
Tous les jours qui me rapprochent de l’opération me laissent croire que mon salut est proche et j’ose enfin m’imaginer en mince.
Tous les examens sont terminés, les frais réglés, je vais vivre en "ballon dirigeable", dorénavant je décide d’écrire un journal quotidien qui relatera cette aventure.
4 novembre 2005, JOUR J, mon chéri m’accompagne, nous sommes à l’aube d’un jour nouveau et un peu stressé.
La préparation et l’introduction se passent à merveille, dixit le chirurgien.
Je me réveille avec une intense douleur à l’épaule (la position sur la table, la manipulation, je suis lourde).
Je sors rapidement et la gêne au niveau de l’estomac est à peine perceptible.
L’après-midi, j’ai des nausées importantes sans vomissements.
Impossible de s’asseoir, ni de se coucher, je passe de mauvais moments et je m’injurie moi-même violemment.
Le soir, le repas se compose de bouillon de vermicelles, de jambon haché.
La nuit est à la limite du tolérable, entre les nausées et la douleur à l’épaule.
Le lundi, je retourne au travail, il s’en suit un mois de grâce où les repas sont pris doucement, dans la sérénité. La nourriture est absorbée en petites quantités avec un sentiment de totale satiété.
La douleur à l’épaule s’est estompée , le verdict tombe : moins 5 kilos dans le mois. Joie, fierté, soulagement, ça marche !
Début du mois de décembre, nous sommes invités pour un repas de famille.
Un anniversaire : c’est la fête et la convivialité aidant, je mange plus que ces derniers jours. Le soir même, en rentrant chez moi, rien ne se passe, je n’ai aucune douleur, aucun rejet, aucunes nausées, j’ai beaucoup mangé et aucunes punitions ! Je ne suis même pas "ballonnée".
Dés le lendemain, je commence à prendre des portions de plus en plus importantes (toujours suivie par le psy) , jusqu’à revenir à une bouffe massive , ou est passée la satiété ??
La seule sensation que je ressens, c’est un point douloureux dans le dos quand je me couche, je dois trouver la bonne position pour dormir.
Au mois de janvier 2006, c'est-à-dire 2 mois plus tard, j’accusais une prise de poids de 7 kilos !
A ma demande, le ballon fut retiré par ce même gastro-entérologue le 24 février 2006.
Quelques moi s plus tard, on me posait un anneau gastrique à la Timone (Marseille) mais ceci fera l’objet d’un autre témoignage.
La chirurgie de l’obésité est en passe de devenir dans les années futures un domaine médical des plus lucratifs, mais il ne faut pas oublier qu’elle est lourde de conséquences et que tous les éléments doivent être pris en compte.