Les raisons psychologiques qui m’ont poussée à m’intéresser à la pose du ballon à air intra-gastrique sont les mêmes qui m’avaient conduite vers les méthodes alternatives que j’espérais miraculeuses.

Après une perte de poids importante (22 kilos en six mois par rééquilibrage nutritionnel dont les trois premières semaines en clinique spécialisée), les fêtes de Noël (mon sempiternel point de rechute) me laisse une fois de plus KO, sur le tapis .

Rapidement, je reprends une partie des kilos perdus et rien ne semble arrêter la progression du poids.

Mon tout récent médecin généraliste, s’inquiétant de ma situation pondérale (je suis diabétique NID depuis l’âge de 27 ans), me questionne sur mes habitudes alimentaires. Evoquant mes problèmes de non-satiété, il me suggère une nouvelle méthode : le ballon à air intra-gastrique.

Il me prend donc rendez-vous avec un chirurgien gastro-entérologue, je rentre chez moi le cœur léger : m’aurait-on enfin offert "une baguette magique" ! (septembre 2005)

Le premier contact est sympathique, j’allais presque dire chaleureux.

J’ai en face de moi, mon sauveur.

Dans un premier temps, il m’explique le principe :

On insère par les voies naturelles, via la trachée, l’artère et l’œsophage, un ballon qui, après avoir été gonflé dans l’estomac, est posé.

Celui-ci occupe un volume représentant 700 grammes de nourriture environ. L’opération est relativement rapide, bien qu’un peu délicate et se fait sous anesthésie générale.

Le ballon est sensé permettre une prise alimentaire beaucoup moins importante tout en favorisant le sentiment de satiété.

C’est une chirurgie ambulatoire, le patient ressort de 2 h à 4h après l’intervention et après être passé par le cabinet du chirurgien, il peut rejoindre son domicile.

Le chirurgien me prescrit différents examens : sanguins, cardiologiques, gastroscopie (qui peut révéler des lésions dans l’estomac ou des ulcères qui empêcheraient la pose du ballon , c’est un examen très désagréable avec l’impression de vomir pendant 10 minutes, c’est terrible).

Je dois être simultanément suivie par un psychiatre ainsi qu’une diététicienne.

Je pose à la volée un tas de questions qui me traversent l’esprit, et les réponses spontanées de sa part me réjouissent.

Puis vient le moment d’évoquer le côté financier.

L’achat du ballon à air intra gastrique se fera par son intermédiaire et coûtera 900 euros, la pose et la dépose seront aux frais de la sécurité sociale , puis suivront 6 à 7 consultations pour le contrôle, dans le cabinet du chirurgien, à 100 euros l’unités non remboursées par la caisse d’assurance maladie.

Ce qui fait un total de 1500 euros au minimum.

Je subis dans le courant du mois différents examens, tout ceci est très surveillé et me conforte dans la confiance que j’ai placé dans ce projet.

Le suivi psychiatrique me permettra d’accepter un corps étranger et j’ai choisi de me faire suivre au niveau nutritionnel par une diabétologue qui s’occupe de moi depuis plusieurs années.

Celle-ci est surprise de ma décision et tente de m’en dissuader car elle doute du succès de mon entreprise, connaissant bien mes comportements alimentaires anarchiques basés sur l’instabilité émotionnelle.

Je reste décidée malgré tout.

Sur mon lieu de travail et par l’intermédiaire d’une collègue (à qui j’ai confié mes espoirs), je rencontre une patiente qui a sensiblement le même parcours pondéral et pour qui le ballon a été un échec.