Ainsi à l'entourage qui côtoie une personne atteinte de
TCA, sachez qu'au-delà de l'obsession du poids, elle vit de graves conflits
intérieurs et que, surtout, elle n'en est pas réduite à la tristesse, au déni,
au mutisme, aux dissimulations, voire aux mensonges uniquement pour attirer
votre attention, MAIS PARCE QU'ELLE SOUFFRE VÉRITABLEMENT.
Par conséquent, je tiens à souligner que le rejet ou le
recours à la nourriture sont des signes qui couvrent effectivement de profonds
troubles et blessures psychologiques et émotionnels.
Et grâce à une thérapie, il est possible d'en découvrir
l'origine. Par exemple, c'est ainsi que j'ai réalisé que ma quête de pureté, de
perfection et d'idéal était impossible. Et c'est bien en voulant l'impossible
que j'ai fini par craquer. Le fait de m'obstiner tant sur mon corps dissimulait
un manque flagrant de confiance en moi et d'estime de moi-même ainsi que de
grands troubles identitaires notamment quant à mon rôle de femme et d'adulte.
Or il s'avère que l'entourage peut effectivement apporter
son soutien notamment en aidant un(e) anorexique et/ou boulimique à dépasser
son ego trop tenace (poussant à la méfiance et à se débrouiller seul(e)
avec par exemple rejet de toute aide thérapeutique extérieure) et le sentiment
de honte (notamment à cause de la peur de baisser dans l'estime de
ses proches et d'être complètement rejeté(e) au point de se sentir totalement
nulle et inapte).
Ainsi grâce à un soutien thérapeutique et nutritionnel,
il est possible de guérir, mais avec un entourage qui participe (écoute,
partage, vrais dialogues (et non critiques et jugements), etc.), il est
indéniable que la guérison est encore plus à portée de main. C'est ainsi
qu'en me réconciliant avec moi-même, j'ai pu recommencer à renouer des
relations avec les autres.
Vittoria Pazalle