de girone » 18 Oct 2011, 23:53
Nous voilà en Espagne!!! Nous sommes venus en voiture et avons nos habitudes dans cette station balnéaire. Toutes les années pour les vacances de Paques, mes parents, mes enfants et moi nous y rendons. Le dimanche (lendemain de notre arrivée) je me sens fatiguée mais bon , les kilomètres de la veille, la fatigue liée à cette perte de poids font que je ne m'inquiète pas plus que cela. Il est vrai que je mange très peu mais bon, c'est comme ça depuis très longtemps. Le lundi est semblable au dimanche, fatiguée je me dis c'est le fait de décompresser. En effet, je n'ai pas le meme rythme que pendant le temps scolaire . Cependant, le peu que je parviens à absorber ressort en vomissement mais là aussi, c'est fréquent. Toutefois, des diarrhées s'installent mais la semaine avant notre départ les enfants ont pris une gastro-entérite donc ayant amené dans mes bagages de l'imodium au cas ou et bien j'en prends afin d'endiguer les diarrhées . Le mardi, je me rends dans une pharmacie voisine, me pèse et là, la balance affiche 3 kilos en moins. Cela fait beaucoup, en 5 jours et je me sens faible . Mes parents conscients de ma fatigue s'occupent des enfants, ils les promènent afin que je puisse me reposer . Mon fils a 11 onze ans, ma fille 7 ans . Au quotidien, mon mari m'appelle au télèphone et se rend compte que je ne suis pas bien . De mon coté, je tente de le rassurer . 570 kilomètres nous séparent , je ne veux pas l'inquiéter , à quoi bon. Les choses vont rentrer dans l'ordre. J'essaie de m'en persuader. Le mercredi matin, j'ai des remontées gastriques très intenses . Je préfère ne pas en parler à mes parents ,pourquoi les inquiéter d'avantage? mais je prends conscience que rien ne va en s'arrangeant... Je prends la décision d'appeler la secrétaire de mon chirurgien. Là je lui fais part de cet état qui s'est installé et lui demande de préparer une chambre car je sens qu'il y a une anomalie . Celle-çi me dit : de toute façon, votre chirurgien ne sera pas rentré avant lundi prochain donc... Peu importe, je lui dis : " un de ses collaborateurs me prendra en charge, il faut absolument que je rentre,je ne me sens pas bien, quelque chose ne tourne pas rond ... Je fais part de mon intention à mes parents et aux enfants . Nous allons écourter notre séjour, c'est préfèrable . Je veux regagner la France . Mon mari me télèphone et lui fais part de ma décision . Il s'inquiète énormement et se demande comment je vais pouvoir faire ces kilomètres, il souhaite que mon père conduise . Mais mon père n'est plus tout jeune et n'a jamais conduit mon véhicule, il ne se sent pas capable de le faire . Mon mari propose une alternative, se faire descendre par un collègue qui lui me remontera et lui de son coté ramènera parents et enfants . Je m'énerve, je vais parvenir à rentrer, je vais rassembler le peu de force qu'il me reste, il le faut . A l'heure du diner, parents et enfants descendent en salle de restauration . Je ne les accompagne pas, c'est inutile je ne peux plus rien avaler . Je vomis ma salive qui s'accumule dans mon oesophage, je remarque d'ailleurs des traces brunatres dans cette salive. Je suis épuisée, j'essaie tant bien que mal à rassembler les vétements afin de plier bagages, demain nous partirons... Mon mari me rappelle, il est extremement inquiet, il sait que je suis dur avec moi-meme et puis il sent que ma voie est faible , je tente de le rassurer il sera bientot à mes cotés, je vais rentrer... Cette année, à l'hotel j'ai demandé 2 cartes de chambre ainsi mon fils peut rentrer de lui-meme . Il est raisonnable, mature, je peux lui faire confiance. Après le repas, mes parents ont emmenés les enfants assister à une animation à l'hotel comme il y en a chaque soir. Moi , en chambre ressent le besoin d'aller au wc, je suis horriblement faible et me cramponne au mur pour me rendre à la salle de bains. Ensuite, je tente de retourner au lit et comprends que cela m'est impossible. Mes jambes se dérobent, je me souviens avoir pris ma tete entre mes mains pour amortir le sol marbré de la chambre . Je reviens à moi, j'ai une jambe sous le lit l'autre sous le bureau incapable de me lever je suis à terre . Je ne sais combien de temps je suis restée ainsi, plus de trente minutes c'est certain, c'est flou. Je revois la porte de chambre s'ouvrir , mon fils est terrifié de part la vision et descend chercher du secours, ma fille hurle "maman! maman! maman est morte! Ma mère est paniquée, mon père était remonté un peu plus tot afin de se coucher car un an auparavant il avait été frappé par un infarctus et depuis assez fatigué. Je revois le directeur de l'établissement rentré dans la chambre accompagné d'une ou deux autres personnes , les pompiers arrivent, la tension est prise. Elle est inférieure 6 ! Dans un français approximatif, on me demande si je n'ai pas pris de drogue: non, ce n'est pas le cas. Il est difficile de me descendre sur un brancard, les couloirs sont exigus c'est donc sur une chaise que l'on va tenter de m'assoir . Mon pouls est de plus en plus faible, ma respiration est défaillante, on me met sous oxygène, mon corps ne tiens pas sur cette chaise, ma tete balance . Un corps inerte,ceinturée sur un genre de fauteuil roulant je suis descendue par les pompiers. Un camion ambulance m'attend, sirène hurlante je suis dirigée sur la clinique de Blanès. Là- bas, sur un brancard dans un couloir, une infirmière me pose des questions, je suis épuisée meme bien plus que cela, je me sens au bout du rouleau. Je ne comprends pas tout, quelques mots d'espagnol mais de plus nous sommes en Catalogne et le catalan est d'usage. Je suis dirigée dans un box, c'est clair, tout blanc, ces néons donnent une lumière artificielle, l'impression d'etre dans un autre monde . Je tente de faire comprendre que j'ai un anneau gastrique, une infirmière comprend un peu notre langue mais mon état est tel que j'ai très peu de force pour tenter de me faire comprendre . Rapidement prise en charge, analyses sanguines... A l'aspect de mes muqueuses je suis déshydratée à 80 % , je ne le saurai que plus tard par le biais d'une interpretre dépéchée dans le service. Ma pauvre mère arrive, elle est venue en taxi. Elle non plus ne parle pas l'espagnol ou le catalan . Mon père est resté avec les enfants à l'hotel . Il est environ 1 heure du matin, elle repart au bout d'un certain temps désemparée . Elle ne peut rester, il faut rentrer afin de tenter de rassurer les enfants et puis que peut-elle faire ? Je passe la nuit dans ce box sous perfusion , toute la nuit durant je ne peux dormir . Sans cesse des gens arrivent en urgence : tentative de suicide, overdose... Les box sont séparés par des rideaux (genre rideaux de baignoire) la personne qui est à coté de moi fait une overdose, lavage d'estomac, hurlements, insultes . L'homme refuse de se laisser intuber apparament, il vomit ça dégouline contre le rideau; J'ai peur! Où suis-je ? Le lendemain matin je suis dirigée en soins intensifs, les analyses sanguines pratiquées toutes les 3 heures sont catastrophiques, mon état ne cesse d'empirer. Une église non loin, nous sommes jeudi Saint, les cloches ne cessent de tinter. Nous sommes en pleine semaine Sainte et l'Espagne est très catholique, de nombreuses processions se font . C'est un signe prémonitoire les cloches s'envolent avant ma mort. Ma mère est auprès de moi, elle est venue en taxi . Elle a télèphoné à mon mari, il sait que je suis hospitalisée . Je veux rentrer en France, j'ai peur, je ne peux me faire comprendre . Meme si l'on ne peut me ramener sur Lyon que l'on me transfert au moins sur Perpignan . Non, c'est impossible je suis en Espagne et l'on doit me soigner là . Je suis intransportable, mon état ne cesse d'empirer. Le chef de service des soins intensifs parle assez bien notre langue et explique à ma mère que c'est très grave et que la clinique n'est pas équipée pour pratiquer des examens complémentaires qui pourraient permettre de savoir exactement ce qu'il se trame en moi. On va devoir me transférer sur le CHU de Girone mais mon état est plus que critique. Mon mari est sans cesse en ligne avec ma mère. Il va se faire descendre par un collègue afin de remonter notre véhicule,nos enfants et mes parents. Il quitte la région lyonnaise, entre temps on m'évacue d'urgence sur Girone. Personne ne sait ce qu'il se passe une douleur violente m'a envahi le ventre et le fait de poser l'index sur mon abdomen m'est insupportable. Pompe à morphine, oxygène, perf de réhydratation me voilà chargée dans un camion ambulance en direction du CHU de Girone . Il faut faire vite, très vite... Il est tard, il fait nuit. Aussitot arirvée au CHU de Girone, on me débarque aux urgences et une quinzaine de personnes gravitent autour de moi, tout va très vite . Je suis dirigée au scanner et là l'examen met en évidence les dégats : l'estomac a éclaté, l'anneau a glissé et bloqué une artère mon estomac n'était plus alimenté en sang. Cela s'appelle un infarctus de l'estomac . Tout s'accélère, je suis épuisée, étourdie par ce monde qui fourmille autour de moi, j'ai peur, la douleur s'est atténuée grace à la morphine cependant je suis bien loin d'etre au bout de mes peines . J'arrete là aujourd'hui, je suis fatiguée. Demain, je vous expliquerai la suite...