de Accanita17 le 01 Aoû 2008, 11:24
Wow c'est super gênant de savoir que ce "journal" va être lu, mais c'est une très bonne idée que vous avez, cela ne peut que motiver plus. J'ai tendance à écrire beaucoup, et je pense que c'est surtout pour moi-même que je vais écrire, je n'en voudrai à personne de ne pas aller jusqu'au bout, il y a des cas bien pires que le mien qui méritent toute votre attention =)
Alors voilà, actuellement j'ai 17 ans, je mesure 1m63 pour 69.5 kilos. ( pour abréger et vous épargner les détails, vous pouvez aller directement à l'avant-dernier paragraphe )
Il y a un peu plus de deux ans et demi, je faisais à peu près la même taille, pour 56 kilos. J'étais sportive, très active, mais me trouvais déjà pas assez mince ( ce n'est pas pour autant que je me privais de toutes ces bonnes choses que ma maman préparait ^^ ). J'étais musclée mon médecin me disait, donc pas la peine de perdre du poids.
Puis je suis entrée en Seconde, à l'internat ( j'avais 45 min de bus pour aller à mon lycée ). Très bonne expérience, si l'on enlève le côté alimentaire : entre une cantine qui ne connaît pas l'existence des mots "équilibré" et "diététique", les copines de chambres dont les placards sont de vrais garde-mangers, et l'accès à diverse commerces plus ou moins recommandés, ma ligne svelte en a pris un bon coup. Ajoutez à cela une situation familiale catastrophique ( qui entraîna le divorce de mes parents cette année-là ) qui me fit plonger dans la dépression, et l'arrêt quasi total du sport, au bout de quelques mois seulement me voici rendue à peser presque 70 kilos ( je prenais 1 kilo minimum par semaine... ). Bref, une histoire que je ne dois pas être la seule à avoir vécue, mais qui n'en reste pas moins très traumatisante.
J'ai atteint mon poids maximal de 76 kilos à peine un an après. Je mangeais pour compenser mon mal-être, attitude très étrange puisque le résultat ne fait qu'empirer les choses. Mais depuis quand l'homme est rationnel ?
J'ai commencé à réagir il y a seulement quelques mois. Mon année de Première j'étais demi-pensionnaire ( autant dire que ça ne m'a pas aidée ), mais je mangeais sainement et comme tout le monde. J'ai repris le sport ( dans le mesure du possible ). Seulement je grossissais toujours. Je ne comprenais pas pourquoi, je ne faisais pas d'écarts, je mangeais sainement, je faisais de l'exercice, un régime alimentaire on ne peut plus conseillé. Mais voilà je grossissais.
Alors, à mon entrée en Terminale, je me suis inscrite externe. Mais je ne m'amenais pas à manger. J'ai décidé de radicaliser. J'ai passé donc, depuis septembre dernier à la période du Bac, à ne manger qu'une fois par jour, le soir. Je savais que ce n'était pas sain, mais au moins cette sensation d'estomac vide me faisait me sentir mieux, et chaque midi j'avais pleinement le temps de pratiquer chaque activité sportive que le lycée me proposait ( hormis le lundi, emploi du temps oblige ). Ce n'est pas pour autant que je perdais du poids, mais je savais cela normal, mon corps gardait tout ce que je mangeais le soir. Mais au moins je ne grossissais plus. Et je me sentais mieux.
Puis, le dimanche 24 février, suite à une énième dispute avec mon père ( chez qui je vis actuellement ), et comme cette idée me trottait depuis un moment en tête, j'ai décidé de devenir végétarienne. Certains disent que c'est une excuse pour entamer un régime. Oui, mais ce n'est pas la raison première. Je me suis engagée dans cette voie de part mon opinion sur la condition animale. Et cette décision m'arrangeait du fait qu'elle me permettait de limiter l'étendu de ce que je pouvais manger. Sans ma conviction éthique de la chose, jamais je n'aurais eu le courage de me priver de tous aliments dont je me prive actuellement.
Le temps passe, et de végétarienne je passe à végétalienne. Toujours pour les mêmes raisons. Et je suis fière car c'est la première fois que j'arrive à m'imposer un régime strict sans dépasser les limites, tout simplement car l'enjeu premier n'est pas mon poids.
Je connais les risques que comporte mon habitude alimentaire, mais depuis maintenant plus de 5 mois à ce train-là, la seule carence dont je suis témoin ( où dont je suppose l'existence ) est celle en fer, je perds mes cheveux comme ce n'est pas permis ( je suis allée jusqu'à prendre mes ciseaux il y a peu pour couper une chevelure qui avant m'attirait de nombreux compliments ). Mais pas de résultats sans sacrifices. Et je sais pas si quelqu'un peut imaginer l'immensité de la souffrance morale que cela implique de s'imposer un tel rythme. Peut-être cela peut-il montrer la taille de mon désespoir... Mais c'est de moi qu'il s'agit, alors j'assume entièrement mes actes. Après tout, je n'embête personne avec tout ça ( je ne vous force pas à lire tout ce que j'écris par exemple ).
Alors voilà, nous en arrivons à ma condition actuelle. Dont je suis entièrement consciente de l'absurdité diront certains, de la dangerosité diront d'autres, ou peu importe les différents avis de chacun, ils sont toujours contre moi ^^'
Je ne mange jamais à heures fixes, les aliments que je m'autorise ne doivent contenir aucun dérivé animal ( d'un morceau de viande à la moindre petite goutte de graisse animale, pas de laitage, pas d'œufs [ il n'y a que le miel que je m'autorise, mais il n'y en a jamais chez moi x) ] ), je mange des quantités très insuffisantes de nourriture et je bois beaucoup. Régime draconien ? Peut-être. Mais c'est le seul moyen que j'ai trouvé de ne plus grossir, et je me sens ( un petit peu ) mieux dans ma tête. Et pour moi la santé morale passe avant la santé physique.
Aujourd'hui, je pèse 69.5 kg, ce qui est en somme encore beaucoup trop mais déjà mieux que du point d'où je suis partie. Mon but est d'atteindre les 60 kg, voire moins mais ne visons pas trop haut.
Je suis une ado ? Pré-adulte ? Le mot jeune fille/femme suffira comme tant d'autres, extrèmement complexée par mon poids et mon physique ( combien de litres de larmes m'ont fait verser quelques aperçus dans un miroir ), qui en suis rendue à un tel point du dégoût de moi que je dois en arriver là. Et ce n'est que le début tant que je n'atteins pas mon objectif. Peu importe les sacrifices, je veux ressentir au moins une fois dans ma vie la fierté d'avoir un corps "potable".
Eh bien, quel roman encore ! mais ça fait du bien d'écrire tout ça. Même si je me sens un peu honteuse d'étaler ma vie en public ( mais je me dis que la longueur du texte a de quoi décourager après tout ), je me sens également mieux parée à continuer cette "aventure".
Tous les avis et commentaires sont les bienvenus, je ne suis plus à une critique près ( merci mon entourage <_< ).
À bientôt :)
Dernière édition par
Accanita17 le 30 Sep 2008, 14:28, édité 1 fois.