(LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

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Renaissance
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(LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par Renaissance » 09 août 2013, 02:10

Avant propos

Je n'ai volontairement pas raconté en détails ce que j'ai pu me faire subir car je ne voudrais pas donner de nouvelles idées à des personnes encore fragile :grin:

Bonne chance pour la lecture !


Premières années de ma vie :
Le premier souvenir de mon existence est liée à : la bouffe. D'après ma mère j'ai 2 ans et demi environ. Je suis assise sur ma chaise chez la nounou devant un plat d'épinard qui me souris avec des yeux en oeufs et du ketchup et à côté des petits bouts de poisson blanc. En face de moi il y a un petit garçon qui mange il a l'air de bien aimer. Je goutte et j'ai un haut le coeur, j'entend "TU MANGES !" je pinaille et ensuite je vois la tête de ma nounou très en colère qui serre les dents et fait les gros yeux, elle m'attrape par le nez jusqu'à ce que j'ouvre la bouche et m'enfourne une grosse cuillère de poisson épinard dans la bouche, je m'étouffe, le goût est insupportable et je vomis. Je me prends une fessé et je vais direct à la sieste. Je pleure, je pleure mais personne ne vient me chercher.

A partir de là je n'ai plus voulu manger, c'est devenu un enfer pour mes parents. Toutes les nuits je vomis et mon père m'a avoué ne plus supporter l'odeur de "maison verte" produit avec lequel il nettoyait mes dégâts ( ça je ne m'en souviens pas du tout mais on m'a raconté récemment). Ma mère pour me faire manger me mettait devant "Madame est servie" et pendant que l'on me demandait "où est Tony, où est Samantha, j'ouvrai la bouche sans trop de difficulté et je mangeai dés la série terminée, impossible de me faire avaler quoique se soit d'autre. Mes jeunes parents se sont alors tourné vers mes grands-parents et j'ai passé beaucoup de temps chez eux à manger des produits du jardin, j'étais très difficile mais la situation a semblé vraiment s'améliorer me concernant, entre temps mon frère était né.

Mes 3 ans à mes 7 ans

Bref arrive le jour où ma mère veut récupérer sa fille mais ce n'est pas du goût de ma grand-mère et une grosse bataille éclate entre elle. J'ai alors 7 ans. Je suis une toute petite fille mais je console souvent ma maman qui est affreusement triste. Elle ne semble pas être sensible à cela elle est éperdument triste, de l'autre côté j'adore mes grands parents, je me sens bien chez eux. Pourtant presque tous les jours au repas la discussion tourne autour de ma mère et sa relation avec la sienne, ça se termine souvent en crise de larme. Secrètement je n'attend qu'une chose : le week end de pouvoir allez chez eux, jouer dans le jardin, faire la cuisine avec papy, me déguiser, fouiner dans leur immense bibliothèque, faire des jeux de sociétés, coudre avec mamie. Chez mes parents c'est pas cool : appart au centre ville, mon père travaille de nuit et on ne peut jamais faire de bruit, le peu de fois où il est présent avec nous je suis morte de trouille parce qu'il est là pour faire la discipline, ma mère passe ses journées à hurler pour tout et n'importe quoi, en plus se rajoute des problèmes a son travail bref pas fun du tout. Je n'ai jamais envie de rentrer chez moi et je culpabilise parce que ma maman est très très malheureuse.

9 ans à 13 ans :
9 ans : mes parents montent un commerce ensemble, ils sont encore plus stressés et parlent de cela tout le temps à la maison, ils sont très pris et c'est le grand come back de ma grand mère qui vient nous garder à domicile. Les crises entre les deux reprennent. J'apprends que ma tante chérie est lesbienne je suis très contente pour elle mais ma mère est tellement traumatisée qu'elle ... m'envoie MOI chez le psy. Evidement ce n'est pas ce traumatisme là qui ressort, la psy parle à ma mère, je ne sais pas ce qui se dit mais elle conclue par " cette psy est vraiment nulle" et je ne l'ai jamais revue.

A l'école je suis brillantissime mais j'ai de grosse difficulté à me faire des copines, la moindre dispute de gosse me rend malade.

A 11 ans mes grands parents vendent la maison, cette si belle maison que j'affectionne tant. Ils hésitaient à la vendre, mes parents leur mettaient une pression énorme pour qu'ils s'en débarrassent. Tous les jours j'entendais " faut qu'ils bazardent cette maison c'est trop de travail " Si bien que quand mon grand-père me demande "et toi tu veux qu'on la vende" je réponds : "oui je m'en fou de cette maison" juste pour ne pas décevoir mes parents. Je vois que je lui brise le coeur mais je me dis qu'il ne la vendra pas, pourtant le lendemain il descend à l'agence, un mois plus tard elle est vendue. Par la suite, on m'a très souvent répété que j'étais responsable de cette vente.

On arrive à mes 13 ans, la vie n'a pas beaucoup changé sauf que je vois moins mes grands parents, au collège les relations sont compliquées comme tous les collégiens, les hormones en rajoutent une couche et je commence à vomir, s'en suit des crises d'hyperphagie où je dévalise le frigo. La relation avec mes parents se dégrade petit à petit je ne dis plus "oui" à tout. Je prends un peu de poids mais pas énorme (1m 68 pour 57 kilos) et un gros crétin qui est aujourd'hui alcoolique et débile me dit en cours de sport "putin tu as pris un gros cul". Et là c'est le début de la fin.
Je supplie ma mère de me faire maigrir, elle m'emmène voir une nutritionniste qui me conseille de tout manger vapeur et de la viande blanche. MAIS BIEN SUR A 13 ANS !!!!!! évidemment mes parents n'adhèrent pas du tout et le régime tombe aux oubliettes. En revanche je commence a faire n'importe quoi je ne mange plus, puis je mange pour 10.

A mes 14 ans

Je refuse de venir manger le soir avec mes parents, je fais environ 500 abdos à la place, le dialogue devient corsé, une réelle incompréhension avec mes parents qui me surprennent à plusieurs reprises la tête dans les toilettes. Au collège je me retrouve dans une classe de nazes, chaque petits piques lancés me propulsent directement aux toilettes. Ma mère me reproche des milliers de trucs tous les jours, j'ai beau faire des efforts ce n'est jamais assez bien cependant impossible de lui montrer que je n'ai pas tous les tords, elle se plaint de moi à toute la famille (comme elle le faisait avec sa mère) j'ai le sentiment que tout le monde me déteste avec ses "tout le monde pense que tu es difficile, que tu es méchante, que tu as mauvais caractère". Lors d'une consultation chez le généraliste, elle découvre que je ne vais pas bien du tout, convoque mes parents pour leur exposer que "la situation est grave" ma mère l'envoie bouler en lui disant qu'elle n'est pas une mauvaise mère, mon père soutient et encore une que je n'ai jamais revue. Elle me prescrit quand même des compléments alimentaires et une poudre invomissable ( je confirme) je prends le "traitement" mais l"hyperphagie ne diminue pas et je grossis. Ma mère s'engueule avec mes grands parents une énième fois, mon grand père me dit " c'est ton père qui la rendu comme ça" c'est la phrase de trop, je coupe les ponts voilement en leur disant " vous détruisez ma vie"

Entre temps je vois une magnétiseuse, une autre psy que ma mère finit par envoyer bouler.

Les choses sérieuse commencent

15 ans, mon coupage de pont à beaucoup aider ma mère avec mes grands parents, elle va les consoler de sa méchante fille, elle me fait souvent la morale sur le fait d'aller m'excuser etc. me montre a quel point je suis "horrible", se demande pourquoi elle a une fille comme ça alors que tout le monde a de la chance, exemple a la clé, se demande pourquoi je suis dénuée de gentillesse, me parle sans arrêt de mon égoïsme. Je rentre au lycée je vais déjà mal, je deviens la tête de turc d'un petit groupe mais je lutte en face et le soir je m'écroule sous les reproches permanent, concernant la bouffe et les vomissements ça va de mal en pis. Je commence à tomber en dépression. Jusqu'au jour où je fais un malaise en plein cours, je deviens toute bleue et je tremble de partout. L'équipe pédagogique se réunit avec mes parents et l'on m'envoie chez le pédopsychiatre : Madame F. que j'ai toujours soupçonné d'être anorexique mdr ! Elle a du tact et arrive à me gérer et gérer mes parents. Pourtant les crises s’intensifient je vomis du sang, ma mère me retrouve à moitié agonisante dans les toilettes à plusieurs reprises, j’ai l’impression que je vais mourir. Je commence à fumer et pas que des cigarettes.

Première hospitalisation :

Début difficile
Un jour en consultation devant la mauvaise foi de ma mère : "a la maison l'ambiance est pas si mal" je fais une crise d'hystérie et là mesdames c'est comme dans les films, les messieurs en blanc ils sont venus, ils m'ont attrapés et après dodo. Quand je me suis réveillée j'étais dégoutée je devais partir en vacances et je me retrouvais là, à côté d'une fille avec des bandages au bras. Elle me lance " TS ? " je ne comprends pas et je décide de ne pas lui parler. Je pleure pendant 24H parce que je ne supporte pas les calmants. Pendant ce temps ma mère, mon père et mon frère sont tranquillement en train de marcher sur les volcans d'Auvergne (dans ma tête), je les hais ! On me force à manger, je vomis, on me retire mon MP3, puis mes livres jusqu'à ce qu'il n'y est plus rien. Je refuse de parler, je refuse d'aller dans la salle d'activité, je refuse de m'assoir à ma place à table, je ne prends pas mes calmants, je ne dors pas parce que ma voisine pleure toutes les nuits. Je me dis que je n'ai rien à faire ici je ne suis pas malade comme l'autre tarée à côté de moi, comme toutes les filles maigres qui sont là pour anorexie.

Rencontre avec Mathilde

Un jour une fille a lunette rentre dans ma chambre et me dit froidement : alors c'est toi la terreur des infirmières ? je ne lui répond pas, je remarque cependant qu' elle est ultra maigre et à une sonde dans son nez qui sort. Elle voit que je regarde et me dit "j'ai entendu que si tu fais pas d'effort ils vont te mettre la même" elle fait mine de s'en aller et je la rattrape et je lui dis " attend qu'est ce que tu dis" -- j'ai reparlé. Elle part avec un sourire et me dit "non je déconnais".
Mathilde à 13 ans elle est aussi maigre qu'elle est intelligente, elle me parle de son anorexie, ne réplique pas quand je lui dis que je suis là "pour erreur médicale et parce que ma mère m'a énervé" on passe des heures à jouer à des jeux de sociétés et elle gagne à chaque fois. Puis un jour je rentre dans sa chambre et son lit est vide... j'ai jamais vraiment su ni voulu savoir ce qui était vraiment arrivé, j'ai rapidement décidé qu'elle s'en était sortie et qu'elle était rentée chez elle.

Il faut que moi aussi je sorte d'ici

Je décide que j'en ai marre d'être là, je n'ai encore récupéré aucun de mes affaires, les journées sont sans fin.
Première étape : dans la nuit je suis réveillée par des pleurs, ma voisine de chambre. Cette fois j'allume et on discute et le hasard est vraiment comique parfois. Elle m'explique que TS signifie tentative de suicide et qu'elle a fait ça parce que le garçon qu'elle aimait la rejeté. Quand elle me donne le nom du garçon il s'avère que c'est un mec que je connais. Au fur et à mesure des jours je lui raconte plein d'anecdotes ridicules sur ce garçon et lui fait bien comprendre qu'on ne se suicide pas pour un mec car ils ont tous une part de ridicule :p elle va de mieux en mieux et je me sens utile. Je rencontre les autres, ils sont tous tellement tristes, faibles, malades ça me donne envie de sortir de là au plus vite. J'instaure la bonne humeur et les bêtises (notamment le vol de 178 compotes et 122 Danettes que j’ai distribué dans tout le CHU tel Robin des Bois) mais côté alimentation c'est l'anarchie, si bien que je ne récupère pas mes affaires. Du coup je me force, je mange je ne vomis pas et peu à peu je gravis les droits (mp3, livre, TV) jusqu'à celui de : la visite parentale.

La visite parentale arrive enfin, ce qui m’a marqué c’est que mes parents étaient dévastés, vous auriez vu leur tronche, on aurait dit qu’ils venaient de m’enterrer et en plus ils étaient habillés en noir, la totale ! La visite ne se passe pas super, mon père tente gauchement de me faire un câlin mais je n’ai pas envie de ça, on est pas trop tactile et je ne comprends pas trop. Bref on tourne autour du pot, j’ai plus envie d’aller à l’hôpital, mes parents veulent que je rentre parce que j’ai déjà bien manqué le lycée, la pédopsy pense que je devrais rester. On finit par trouver un compromis, il reste un mois de cours, je rentre et après j’accepte de me faire hospitaliser pour l’été.

Première chose que je fais en rentrant : je vomis, mes parents m’emmènent passé une semaine dans ma maison de vacances, je ne fais que dormir et vomir je me sens lamentable.

Deuxième hospitalisation :

Cette fois je vais dans une clinique de luxe payée par la super mutuelle avec chambre individuelle, piscine, activité, c’est presque la colo, le suivi médical en plus. Là bas on se côtoie tous : anorexique, obèse, boulimique, phobique de l’école, vampire (si si une nana qui se coupe pour boire son sang), une fille qui mange ses cheveux. J’ai un poids normal et il me plait à tout le monde de dire que je suis là pour « erreur médicale » mais dans le fond j’ai juste pas envie de leur dire pourquoi je suis là. Les premiers temps sont durs parce que je ne trouve pas ma place parmi tous ces gens que je trouve bizarres. On me met à la table de la fille la plus imposante (210 kilos dont 200 d’amour et de gentillesse) je la fixe pendant le repas et je me vomis dessus dés le premier jour parce que je ne contrôle pas. Elle le prend très mal, je me sens affreuse, je suis consignée dans ma chambre. Je suis dans la partie haute surveillance, celle où une infirmière passe toutes les heures voir où vous en êtes même la nuit. L’horreur ! Le lendemain je commence mes activités : piscine, tennis-ballon, monopoly (la colo quoi ! ) Le soir, je reçois sous ma porte 18 papiers allant de « tu es la plus belle du monde » à « Veux-tu sortir avec moi » OMG mais où est ce que je suis tombée ? Je finis par me socialiser, je choisis même parmi mes soupirants un chéri de 150 kilos, je prends mon traitement, je me fais des copains, j’arrive à passer du bon temps cependant je mange de moins en moins, la balance chute de façon vertigineuse mais je ne vomis pas. Je suis sous plusieurs médicaments qui font que je ne me souviens pas de tout très clairement mais c’est l’arrêt de la souffrance pendant quelques mois. J’ai rencontré des personnes extra, je regrette juste de ne jamais avoir été capable de leur dire pourquoi j’étais là car ils auraient compris. Arrive la rentrée, le médecin préfèrerait que je reste mais je refuse et je rentre en première dans mon lycée.

Première :

Scolairement parlant j’ai beaucoup de mal à suivre parce que j’ai beaucoup manqué les cours cependant je suis dans une super classe, c’est cette année là où j’ai rencontré mes meilleurs amis. Avec mes parents c’est toujours l’horreur, surtout depuis qu’ils ont investis dans un ordinateur avec internet où je passe tout mon temps. Je rentre dans un groupe de musique gothique. Mes résultats scolaires sont minables. Cependant je rencontre LE grand amour, un amour dévorant et passionnel qui n’est pas du lycée. Je ne sais pas comment agir avec lui, je lui demande toujours plus d’amour, toujours plus de preuve, plus plus et re-plus, trop. Il finit par couper les ponts avec moi si la boulimie se calme les premiers mois de la relation, elle redevient tragique à la fin. Je passe beaucoup de temps pour le groupe de musique qui me soutient, dedans il y a ma meilleur amie qui souffre d’anorexie (tient, tient qui se ressemble, s’assemble) c’est la seule qui connaît mon secret. Il y a aussi mon meilleur ami qui me ramasse à la petite cuillère après ma rupture et qui est totalement amoureux de moi. Avec mon père, les rapports sont musclés, je me suis pris quelques roustes assez mémorables où je finis sur le lino de la cuisine totalement assommé mais comme toujours selon eux c’est de ma faute parce que « je réponds » mais est-ce qu’il y a vraiment une bonne raison d’en arriver à ce genre d’extrême ? Plus il y a de violence plus je sombre, je deviens hystérique, je vomis bref ma santé mentale et physique ne s’améliore pas.

Terminale :

Je suis toujours obsédée par mon premier amour mais je finis par céder à mon meilleur ami parce que justement il n’y a pas de sentiment excessif. Tout le temps de ma relation avec lui c’est l’autre qui occupera mes pensées, navrant. L’année de terminal est d’ailleurs une bonne année concernant mes travers de bouffe, je suis bien avec B. il est marrant, il m’aime pour 10, mes parents l’adorent, je vois le bout du tunnel. Les crises de boulimie sont plutôt rare, déjà elle n’arrive plus au lycée parce que je suis tout le temps avec lui. Le soir évidement c’est n’importe quoi mais je remange à table. Je réussi super bien mon année et j’obtiens mon bac sans difficulté, je décide de faire tout ce qui fait plaisir à mes parents évidemment ce n’est jamais assez mais les relations sont moins tendues. Concernant la suite de mes études, mes parents refusent que je parte faire une fac loin, ils préfèrent me garder sous la main ou plutôt sous l’oeil. J’ai 18 ans et je refuse d’aller voir le psychiatre que me conseille la pédopsychiatre, je pense être capable de m’en sortir toute seule comme une grande, d’ailleurs je me sens guérie. Fin de l’année, mes parents m’organisent la « surprise party » du siècle, un truc digne des séries américaines pour mon anniversaire.

Voilà le gros paradoxe avec mes parents : je ne peux pas que les critiquer parce qu’ils ont fait des choses extraordinaires comme cette fête, les voyages, les colos, nos activités extra-scolaires, nous soigner à la perfection quand on était malade. En faite à chaque fois que j’ai eu le malheur de leur dire quelque chose qui ne me convenait pas ils me disaient « Après tout ce que l’on fait pour toi ? Tu en connais beaucoup des parents qui emmènent leurs enfants partout, qui leur font faire du ski, qui sont autant dévoués que nous ? » Une fois j’ai eu le malheur de dire que non, certes mais que les autres parents ils aimaient vraiment leurs enfants même s’ils ne les gâtent pas autant. ça les a rendu furieux, ils ont dit qu’ils ne feraient plus rien pour moi (discours habituel) que je n’étais qu’une ingrate, qu’ils étaient des parents comme on en trouve pas à 10 000 km à la ronde etc. Bref toute ma vie j’ai entendu :
- Que tous les sacrifices qu’ils faisaient pour nous étaient la preuve qu’ils n’avaient rien à se reprocher en gros.
- Que j’étais une fille très intelligente, très brillante (quelque fois) mais souvent que je n’avais pas de cœur, une ingrate, une fainéante, une méchante, une insensible, une égoïste, une pourriture, que j’étais pourrie de l’intérieur. Quand j’exprimais la peine que j’avais d’entendre ça, c’était toujours : « mais on te fait des compliments aussi, en plus tu déforme tout, tu nous fais passer pour des parents affreux, oh lalalalalala mais qu’est ce qu’elles doivent penser tes copines » Mes copines en pensaient rien du tout parce qu’a part une à qui je me confiais, aux autres, je leur dépeignais que les aspects positifs de peur qu’un jour ça revienne aux oreilles des principaux intéressés et souvent je me disais de toutes façons apparemment je déformais tout donc qu’il valait mieux ne rien dire plutôt que dire des mensonges.

Jusqu'à cette année toutes conversations concernant notre relation se soldait par « Renaissance tous les tords avec son comportement difficile vs parents parfait qui ont énormément souffert d’avoir eu une fille comme ça », « Renaissance qui invente des choses qui n’ont jamais existé, qui déforme, qui dramatise. »

Première année de fac :

Sur la longueur de la terminale jusqu'à la moitié de l’année. Le groupe de musique se sépare, il y a pleins d’histoires avec mes amis, mes parents ne me lâchent pas la grappe et je ne vis pas la vie de folie de l’étudiante du coup j’ai du mal à m’intégrer dans la classe. Je pars en vacances avec mes parents et mon frère en croisière, un truc de malade qui se passe merveilleusement bien, pas une seule crise cependant je prends 10 kilos. Quand je rentre, tout le monde me le fait remarquer et… ma grand mère décide de m’offrir une cure de régime dans un centre physiomins. Il n’y a rien de plus stupide que de faire faire un régime à quelqu’un qui a une TCA mais la pauvre ne le savait pas car j’ai toujours formellement refuser de l’admettre hormis avec mes parents. Bref Je fais parfaitement bien mon régime tellement bien que je finis par ne plus manger qu’un demi yaourt un quart de steak haché et une feuille de salade. Je sombre peu à peu dans l’anorexie je deviens carrément maigre.

Deuxième année de fac :

A la rentrée tous mes petits camarades sont choqués de ma transformation mais personne ne me fait de réflexions trop désagréables sauf un prof qui pense que j’ai un cancer. LOL ! C’est là où je LE, appelons le Y. Rencontre de celui qui partage ma vie aujourd’hui, c’est le mec le plus cool des premières années, il est plus vieux, beau comme un dieu, toutes les filles le veulent et pourtant il va choisir la maigre un peu bizarre : MOI. J’ai le coup de foudre instantanément, je me sépare à contre cœur de B. qui sombre dans une dépression et perd 10 kilos (il finit à 54 kilos pour 1M 80 ) je suis prise de remords, je suis tiraillée, ma mère supporte très mal ma rupture d’avec le mec idéal, bref je m’enfonce doucement mais surement. Y. est adorable mais il ne supporte pas ma façon de manger, alors pour lui je recommence une alimentation normale mais mon métabolisme est en sale état et je grossis très très vite. Je me dispute avec mes parents, surtout à propos de Y, mon père me fou dehors et bien qu’il me rappelle environ 5 min après, je décide d’aller vivre dans la colloc d’Y. Mes parents détestent Y parce qu’il m’influence (selon eux) et que je suis toujours fourrée chez ses parents qui m’accueillent à bras ouvert. Ses parents, c’est l’inverse des miens ils sont coooool, un peu trop parfois, toujours à poil, s’endorment en plein milieu des repas, ne se conforment pas aux règles de politesse, laissent le bordel chez eux tout le temps mais ils sont profondément gentils. Bref tout ce que mes parents considèrent comme la beauf attitude (mais qui sont-ils pour juger ? ), ma mère va commencer à les haïr surtout ma belle mère et encore ils ne se sont pas encore rencontré lol. A me faire la tête à chaque fois que je vais chez eux, me faire crises sur crises de jalousie. Si bien que comme l’épisode de ma grand- mère, je finis par les prendre en grippe.

Côté collocs c’est pas la joie non plus ils sont accros à la marie jeanne et ayant déjà une forte tendance à consommation j’aggrave mon cas. Ils vont aussi mal que moi psychologiquement et on ne peut pas dire que de nous foutre tous ensemble dans le même appart est l’idée du siècle. Ma bande de pote du lycée coupe les ponts avec moi car encore une fois j’ai trop besoin d’eux, chaque fois qu’ils ne sont pas disponibles je fais une crise (oue comme maman), ça devient pesant, ceci associé à mon manque de tact de l’époque = cocktail explosif. J’ai tellement besoin de relations fusionnelles, d’être au cœur de tout, de me créer une famille. Quasiment personne ne vient à ma soirée de départ c’est aussi comme ça que j’ai déterminé qui étaient mes vrais amis,remarquez.

Troisième année de fac :

Je pars en Erasmus en Allemagne, là bas de nouveau je tombe sur des fumeurs, je fume, je fais le yoyo toute l’année pour le poids, les crises reviennent, je rentre je ne suis pas très fraiche. Je suis encore très affectée par les autres, j’ai encore crée une relation fusionnelle et quand la cops se trouve un copain je le déteste (bon en plus c’était pas une lumière et un modèle de vertu) ça se termine encore une fois super mal. Entre les soirée, les crises, la marie jeanne et mon nouvel échec amical je suis au plus bas. D’ailleurs je rate mon année. Je suis contente de rentrer en France.

Troisième année de fac bis :

Je suis admise dans une autre fac, j’arrête de fumer des joints, je reprends le contrôle, tellement le contrôle que je retombe dans l’anorexie. Cette année là je ne crée aucune relation fusionnelle et je me rends compte que ce que je faisais avant était malsain. Je garde de la distance tout en étant sympa et ça marche ! Plus besoin de courir après les gens, ils viennent à moi tout seul. Première année où mon mal de ventre est quasiment inexistant. Je paranoïe quand même sur les voisins de mon copain en étant sûr qu’ils me détestent, l’histoire va tellement loin que j’imagine qu’ils me détestent parce que la voisine célibataire est amoureuse de mon Y. et qu’ils veulent lui arranger le coup. (oui, une vrai psychopathe ) en revanche je ne suis pas jalouse car je sais que mon copain m’aime a en mourir et en plus je suis mince alors je me dis que personne n’est à ma hauteur ( oui les chevilles qui enflent )

Quatrième année :
Je rentre chez mes parents l’été je prends 20 kilos. Y. me force la main pour qu’on habite ensemble alors que je ne suis pas prête. Nos premiers moments de cohabitation se passe mal, les repas sont un drame. A la fac, je rencontre des personnes très différentes qui m’ouvrent les yeux sur beaucoup de chose notamment sur ma vie familiale qui n’est pas normale, mes relations amicales qui ne sont pas normales sans jamais me le dire, juste en me racontant comme c’est chez eux. Je comprends que jusque là je n’ai presque eu que des amis dont les relations familiales étaient plus que tendues. Je prends enfin du recul : je ne suis pas la seule cause de l’échec relationnel avec mes parents.
Y. et moi nous disputons beaucoup, ça ne peut plus durer. Et c’est là que je décide de me confronter à ma plus grande peur : devenir grosse car je pense que c’est cette angoisse qui me pourrie la vie. Je lâche totalement prise sur tout absolument tout. Je mange tout ce qui m’est interdit, je fais n’importe quoi et j’adore ça. Je découvre le vin, fromage, saucisson qui deviennent mon let motiv avec les pizzas de chez dominos. Je ne ressens plus le besoin de vomir, je deviens invincible avec mon épaisse couche de gras moi qui était si fragile, plus rien ne m’atteint et surtout les autres m’atteignent de moins en moins, je m’en fou. Noël mon frère passe la première semaine des vacances chez moi puis on rentre chez mes parents. Alors qu’on avait passé une super semaine il décide de ne plus me parler comme ça, sans raison, juste parce que je l’indiffère et là pour le coup c’est vraiment tombé comme un cheveu sur la soupe. Je me rends compte qu’il ne va pas bien du tout et je me dis que je n’ai pas été la grande sœur parfaite, en partit à cause de la bouffe, je crois que dans le fond il attendait que j’aille mieux pour pouvoir me laisser tomber. Je sais qu’il m’entendait vomir, je sais que parfois je l’ai détesté car mes parents lui foutaient une paix royale quand moi je m’en prenais plein la tronche, parce qu’il ment beaucoup et que ça m’insupporte, parce que ma mère répétait sans arrêt « ton frère il est facile, pas comme toi ». A contrario ils le prenaient un peu pour l’idiot du village, le type qui fait ce qu’il peut mais bon ça ne volait pas bien haut, en ce disant : « heureusement il a du cœur » et je pense qu’il a souffert d’entendre constamment « ta sœur, elle est brillante » Il a eu son lot de soucis aussi : obésité infantile, maladie psychosomatique, grosses angoisses, susceptibilité exacerbé alors qu’il n’épargne personne, même soucis avec ses amis. Plutôt que de se souder, on s’est battu pour le peu d’estime qu’il y avait à gagner dans cette famille, chacun voulant montrer qu’il n’était pas autant décevant que l’autre. C’est idiot, on aurait dû se serrer les coudes mais c’est comme ça, bref c’est une autre histoire. Cette dispute me fait mal, très mal, sur le coup je suis malade comme un chien mais après deux jours ça passe : GRAND CHANGEMENT normalement j’aurais dû finir à moitié morte lol. Le reste de l’année se passe et j’apprends à ne pas apprécier des gens qui ne m’ont rien fait, attention ne riez pas mais avant il fallait qu’il y est offense pour que je n’apprécie pas et du coup je me forçais à être en relation avec des personnes avec qui ça finirait toujours au drame. Je deviens un peu extrême, je me mets à détester une personne par semaine, et je tourne lol !

Cinquième année (cette année)
Je vis très mal d’habiter dans mon appartement où aucune des affaires ne m’appartient, où rien ne me correspond. Je me rends compte que mes études ne me plaisent pas tant que ça, enfin que je ne me vois pas faire ça toute ma vie. Je me dispute avec une amie de la fac qui m’envoie un mail chargé de reproches et dedans elle marque « tu crois que tu es facile toi ? Tu déteste tout le monde et tu as toujours quelque chose à reprocher aux gens tu es incapable de les accepter comme ils sont » Là encore elle n’est pas toute blanche non plus, elle aussi a de graves problèmes relationnels hein ! mais je me prends une grosse baffe parce que ce qu’elle dit est vrai, je ne m’en rendais même pas compte mais je suis comme ma mère, les défauts des autres m’angoissent, je focalise dessus et je radote pour me soulager. Suite à cette dispute mais qui me fait du bien je rentre à noël.

Enorme drame familial à noël mais électrochoc nécessaire :

J’avais oublié mais mon frère ne me parle plus et oui ! Mes parents sont tout angoissés de devoir nous avoir tous les deux sous le même toit. Comme je tente de leur expliquer en vain, je ne vois pas trop ce que je peux faire parce que « m’excuser » d’accord mais m’excuser de quoi ? Mes parents me parlent tous les jours de la veillée de noël avec mon frère à quel point cette situation est ennuyeuse. Au début je leur dis gentiment puis je commence à me fâcher. Ce qui me blesse c’est que ma mère est sans arrêt en train de me dire à qu’elle point elle est malheureuse, à quel point elle va mal, je dois la consoler mais pas une seule seconde elle se demande si ce n’est pas un peu dur pour moi. Le jour de noël je croise mon frère je lance un « bonjour » joyeux en me disant que ça brisera un peu la glace mais pas de réponse. Je me dis « tant pis » mais il ne change pas d’attitude et au fur et à mesure de la journée, je commence à aller mal, très mal, car ma mère en rajoute une couche me presse pour trouver une solution avant que les invités arrivent mais je n’ai pas de solution, j’en ai aucune, on m’oppresse de tout côté mais je n’ai pas d’idée. Je finis par être malade au moment où tout le monde arrive, mon frère, lui, règne en maître et moi je passe encore une fois pour une malpolie. Ma grand-mère me dit que je dois prendre sur moi, me mère me dit « secoue toi, s’il te plait, je t’en supplie » Je finis par « me secouer » je reprends le dessus, je plaisante sur une indigestion de papillote en plus comme je suis devenue grosse ça passe parfaitement bien. lol ! Ma mère et sa sœur se disputent parce qu’il est tard et que cette dernière veut rentrer pour mettre au lit son gosse (mon cousin) au dodo comme d’habitude ma mère pense que c’est contre elle, que sa sœur l’aime pas et lui balance un truc digne de la maternelle « de toutes façons tu es devenue vieille et ridée » Ambiance …. Ma pauvre tante que j’aime beaucoup, fond en larme, je la console et je signe mon arrêt de mort, je ne vois pas que ma mère le prend comme une haute trahison, dommage pour moi.

Le lendemain, mon frère, heureux de son succès du jour de noël revient pour faire « une surprise » à mes parents. A savoir qu’il habite à une trentaine de kilomètres de chez eux et qu’il ne vient jamais les voir. Je n’ai pas spécialement envie de me faire ignorer et je rentre dans ma chambre. Quand ma mère passe je lui dis un peu énervé « ça commence a être un peu lourd son comportement là, tu ne peux pas lui demander d’être soi poli, soit ne pas venir à la maison ? » Elle part en pleurant voir mon père et là j’entend « Renaissance est horrible, HORRIBLE, elle vient de me dire qu’on l’accueillait mal et qu’on était des mauvais parents ». Je suis tellement scotchée que j’en reste sans voix, j’ai reproché beaucoup de chose à ma mère mais jamais le mensonge ! La suite c’est tout ce que je redoutais depuis toujours : mon père arrive furax, hurle, me demande de me dépêcher de faire ma valise, que je n’ai plus ma place dans cette maison. Pendant que je range mes affaires, calmement je le regarde et je lui dis « papa je t’assure que je n’ai rien fait » la suite du dialogue c’est quelque chose comme ça en mide hystérique : « Tu ne nous as jamais rien fait ? mais depuis ta naissance tu nous pourris la vie, on se demande ce qu’on a fait pour mériter d’avoir une fille comme toi, tu ne sers a rien, tu es une nullité qui a choisit un mec tout aussi nul » Mon cœur s’est arrêté puis a redémarré, depuis toutes ces années j’ai tout fait pour leur plaire, pour qu’ils m’aiment et en faite ça n’a jamais été le cas, je n’avais pas ma chance ? Si eux ne m’aiment pas, ma nullité de copain lui m’aime comme je suis et ne passe pas son temps à me faire des reproches. J’ai bouclé ma valise et je suis partie. Au moment de passer la porte, le papa me rattrape Et là pour la première fois de sa vie il a reconnu qu'il avait un problème. Je cite : « Il supporte pas le fait que tout le monde m'aime bien et que je leur rende (mdr! c'est pas tout a fait exacte quand même) référence à l’affaire de mes grands-parents dans mes jeunes années (ça s’appelle avoir la rancune tenace) , qu'il aimerait que je n'aime qu'eux, qu'il en crevait de jalousie, et qu'il sait très bien que je n'y peux rien pour la situation avec mon frère, qu'il sait que je n'ai rien fait et que lui non plus n'y peut rien mais que c'était intolérable pour un père de ne rien pouvoir faire. Il a aussi reconnu qu'en temps qu'ainé j'ai toujours été tenue pour responsable et que ce n'est pas facile de se rendre compte que l'on s'est trompé, que l'on a fait du mal pendant des années à quelqu'un et de se rendre compte que l'on avait été berné (il parle de ma mère) . Qu'il est tellement surpris que je leur ai tout pardonné, qu’a chaque fois je revienne les voir comme si rien n’était jamais arrivé alors que ça fait des années qu'ils ne se sont pas occupé de moi, qu'ils ont simplement mis la barre très haute et que je devais me démerder pour l'atteindre. Il me dit que depuis toujours il est jaloux, jaloux de moi (plus par rapport au faite que ma mère s’occupe beaucoup de ses enfants je suppose et moins de lui) et que ça lui a pourri la vie mais que ce n’est pas de ma faute.

Ma mère qui assiste à la scène lance : « non mais tu ne vas pas t’écraser non plus, les tords sont partagés, elle n’est pas toute blanche non plus, personne ne l’est ».
Il lui aura fallu 23 ans pour parler, pour se libérer, après cela les relations avec mon père se sont nettement améliorées et je suis allée de mieux en mieux, la moitié du problème était réglé. Il se confond en excuse mais c’est déjà arrivé sauf que cette fois j’ai vraiment l’impression que c’est sincère. Je mets des mots sur une incompréhension que j’ai depuis longtemps et c’est un ami qui me donne la métaphore : « Un homme qui bat sa femme mais qui la couvre de cadeaux, paie les impôts et est fidèle, n’en reste pas moins un homme qui bat sa femme et ce n’est pas normal. On peut maltraiter quelqu’un psychologiquement autant que physiquement. » En faite c’est ça, toute ma vie j’ai dû subir les dérapages de mon père qu’il faisait passer en ce montrant très gentil par la suite mais il finissait par redéraper. Selon ma mère c ‘était de ma faute parce que je le faisais « sortir de ses gonds » mais ça je refuse de la porter sur mes épaules et je pense avoir été très clair. Selon moi il n’y a pas de bonnes raisons de maltraiter quelqu’un et ce n’est pas la faute de ce quelqu’un si on en vient aux mains. Je n’ai pas détaillé dans mon récit toutes les fois où j’ai été puni physiquement (je pense que l’on peut en compter 5 ou 6 si l’on veut être précis donc je n’ai pas été non plus une gamine battue tous les jours) et je ne parle pas d’une petite fessée non je parle d’un papa fou de rage qui semble perdre le contrôle et s’arrête vraiment au dernier moment. Bon, bonne nouvelle, je suis solide, je ne me suis jamais rien cassée, ni été frappé au visage. ☺

ça commence à aller mieux mais on est pas au bout de nos peines
Je suis retournée les voir pour Pâques, j’essaie de discuter avec ma mère de mon ressentie mais rien que pour l’histoire de noël elle commence déjà à me dire « mais non tu exagère, tu déforme » la discussion n’aboutit à rien. Mon ressentie c’est que d’un point de vue technique ils ont été des parents exemplaires : nous n’avons jamais manqué de rien, nous avons même été très gâté, jamais en retard à l’école, toujours des vêtements repassés et propre etc. Ceci étant ce se sont pas les seuls qualité qui font que l’on est de bons parents. Je concède que TOUS les parents font des erreurs mais ce qui me ferait du bien c’est que comme papa, elle reconnaisse sa part de tord. Non elle reste butée sur « nous sommes de bon parents » quand je parle des roustes que je me suis prise, elle nie et me dit que le peu que j’ai pris je l’ai mérité. Que j’ai été difficile et que c’est elle qui a le plus souffert. C’est toujours elle, elle et re-elle mais c’est moi l’égoïste.

Mes parents sont venus me voir à Strasbourg et ma mère a trouvé le moyen de faire la tête en deux jours, se posant en victime meurtrie par son affreuse progéniture comme d’habitude. Aucune discussion possible.

Le final
7 juillet, elle décide de venir me voir et ça me fait très plaisir, je travaille ce dimanche là et c’est aussi un moyen de lui montrer ce que je fais. Elle boude toute l’après-midi parce que je ne m’occupe pas assez d’elle et cela débouche sur la même conversation : notre relation, cette fois j’adopte une nouvelle technique, je commence par m’excuser qu’elle est aussi mal vécu sa parenté et que je suis franchement désolée qu’elle est souffert autant.

On voit ensemble chaque point qui a pu la blesser (je fais un bon gros résumé et raconte en gros parce que comme j’ai fait quelques ellipses se ne serait pas super compréhensible si je retranscrivais exactement la conversation) :
- L’impression que je n’ai aucun souvenir joyeux alors qu’elle a tout fait pour que je ne manque de rien. Je la rassure en lui disant que c’est faux je lui remémore d’ailleurs mes meilleurs souvenirs mais je lui explique que j’étais vraiment en souffrance, que toutes ses remarques a propos de ma personnalité m’ont profondément blessé, que j’avais l’impression de ne jamais être assez bien, en tout cas moins bien que les autres.

- L’impression que je ne suis jamais de son côté : je lui explique que c’est très lourd quand dés l’enfance on est prit à parti dans une guerre entre adulte. Que j’ai l’impression qu’elle se victimise tout le temps et n’assume jamais sa part de tord et pas seulement avec moi. Je lui montre tous les problèmes relationnels qu’elle a pu avoir, ses radotages pendant des semaines entières sur sa belle sœur, sa mère et qu’a chaque fois elle était le vilain petit canard selon elle, elle faisait tout bien et c’est les autres qui étaient méchants. Que moi même j’ai toujours pensé être une mauvaise personne à force d’entendre des reproche permanant et que j’ai eu du mal à arrêter de la voir comme la mère parfaite qu’elle se décrivait, que je me remettais sans arrêt en question sans jamais comprendre que le problème ne venait pas forcément de moi. Je lui ai fais comprendre qu’elle aussi devait chercher la raison de ce besoin de preuve, d’amour car peut- être ce n’était pas les autres le problème mais simplement le reflet de ses angoisses.

- L’impression que je préfère passer du temps avec tous les autres membres de la famille ou ma belle famille qu’avec elle. Je l’ai rassuré encore : que je peux très bien apprécié de passer du temps avec elle ET avec les autres. Que ce n’est pas parce que je fais l’éloge de quelqu’un que cela signifie que je la trouve nulle. Qu’elle est ma maman et que quoiqu’il arrive personne ne peut lui piquer ce rôle.


- Sa frustration de ne pas avoir pu créer sa famille idéale avec ses enfants autour d’elle qui aurait tout le temps envie de faire des choses en famille. Je lui explique, qu’elle a créé cette ambiance en partie. En se plaignant sans arrêt des uns et des autres auprès de ces mêmes uns ou autres. Son éternelle insatisfaction par rapport à l’idéal qu’elle s’était créé, pour moi, est dû au fait qu’elle imaginait/rêvait beaucoup de chose et se fâchait quand ça n’arrivait pas mais était incapable de comprendre que l’on ne lit pas dans les pensées ni de respecter que l’on est pas les mêmes envies, les mêmes besoins. Comme-ci son point de vue à elle terrassait tous les autres et que chacun devait se plier à son modèle. Là encore je lui ai dis que je comprenais très bien car j’avais été pareil mais qu’avec le temps j’avais appris à respecter la vie d’autrui. Que plus elle bouderait et ferait des reproches et plus les gens s’éloigneraient d’elle et donc que plus elle serait malheureuse, un vrai cercle vicieux.

Enfin je lui ai dis que j’étais persuadée qu’elle souffrait énormément de son rapport aux autres, que je voyais bien qu’elle avait besoin tout le temps qu’on lui prouve qu’on l’aime tout comme moi. Que pour moi il a été très difficile de me construire avec ce modèle là, difficile de voir sa maman en souffrance, de devoir prendre des décisions à sa place ( cf coupage de pont avec les grands parents pour qu’elle aille mieux) mais que toute ma vie j’ai eu l’impression de la voir malheureuse dans tous les domaines sauf dans son couple. Je lui ai dis qu’il n’était pas trop tard pour s’accomplir.

A ma grande surprise alors que j’imaginais que comme d’habitude elle allait me dire que tout ce que je disais était parfaitement exagéré, elle a simplement dit « je n’ai jamais imaginé que je laissais transparaître tant de chose, que tu avais pu le vivre comme ça»

Et alors elle m’a demandé : « qu’est ce que je dois faire pour que toi et moi nous n’ayons pas d’aussi mauvaise relation que ma mère et moi ? » Que tu ne me fui pas ? Je lui ai répondu : Contrairement a elle qui n’a jamais voulu t’écouter sur tes ressentis et admettre qu’elle avait pu faire mal, toi, reconnaît que même si l’on a pas le même ressenti mon mal être n’était pas irréel.

Et là non seulement elle a reconnu que j’avais raison, qu’elle avait mis 50 ans a réaliser beaucoup de chose, que c’était difficile d’admettre tout ça pour elle, qu’elle ne savait pas comment se sortir de ces cercles vicieux dans lesquels elle s’enfermait. Qu’elle se rendait compte qu’elle avait du chemin à parcourir.

J’ai enfin ressenti le soulagement tant attendu, comme si un poids venait de s’en aller, comme si j’étais enfin libre après des années de souffrances. Pourtant j’ai eu peur que le lendemain matin elle me fasse la tête de lui avoir dit toutes ces choses mais le lendemain elle était de super bonne humeur dans le fond je pense que ça lui a fait du bien aussi.

Epilogue
Depuis je vais mieux, je n’ai plus besoin de ces 40 kilos que j’ai pris. J’ai pris rendez-vous avec une nutritionniste car il était temps que j’apprenne à manger et je suis enfin prête. Chaque jour je m’impressionne de voir comment je suis capable de réagir fasse à des situations qui m’auraient dévastées avant, mon détachement, mon juste milieu ni trop ni pas assez, moi qui est toujours été extrême. Alors me direz-vous ça ne fait qu’un mois mais j’ai le sentiment que je suis enfin guérie et c’est la première fois. Je n’ai pas eu le courage d’écrire toutes les situations qui m’ont permis de comprendre, d’analyser ma situation pour en arriver là, c’est passé par beaucoup de réflexion, de remise en cause, d’erreur mais ça valait le coup. Mes expériences, je pense m’ont rendu plus forte et parée pour la vie même si je ne suis pas née avec toutes les cartes en main, même si je me dis quel temps j’ai perdu a être malheureuse !

En 2013 : Je me suis inscrite sur le forum, et je suis donc aller voir cette nutritionniste, j'ai rencontré des personnes formidables sur ce forum et ça va beaucoup mieux. J'ai encore une fois découvert que mes parents sont un peu perdus mais cette fois je les ai affronté sans la nourriture, je crois qu'ils comprennent qu'ils n'ont plus trop d'emprise sur moi et commencent à lâcher. Les remarques acerbes m'atteignent à peine. En faite j'accepte que peut-être je suis une déception pour eux mais qu'après tout c'est leur problème, l'essentiel étant de me plaire à moi et d'arrêter de vouloir les satisfaire c'est tout simplement impossible. J'ai perdu les 10 premiers kilos sans régime et en me faisant plaisir. :grin: Encore pas mal de chemin à parcourir côté poids mais je ne veux pas perdre plus de 10 kilos par an. Côté sport c'est marche rapide et parfois un peu de piscine mais c'est pas aussi bien que ce que je voudrais, je suis vraiment trop une fainéante. :mrgreen: J'ai encore pas mal de soucis avec l'échec, j'ai eu des difficultés au niveau du travail sur la deuxième partie de l'année, j'ai fait des petits boulots et le fait d'avoir des difficultés à trouver un job me renvoi une affreuse image de moi même, de nullité absolue mais je sais que c'est dans ma tête, prochaine étape ne plus penser ça.

En 2014 ; je suis en Australie, je vis dans un van. Côté alimentaire je fais un peu comme je peux parce que je ne suis pas toute seule et que je ne peux pas manger tout ce que je veux. Donc je mange ce qu'il y a et pas plus que ma faim. D'ailleurs je ne mange que quand j'ai faim et j'essaie de prendre quelques fruits et légumes dés que je peux. Je ne sais pas si j'arriverai à perdre les 10 kilos cette année. D'ailleurs j'ai mon poids dans un coin de ma tête, on verra quand je rentrerai car je doute pouvoir me peser avant mars 2015. La suite au prochain épisode...
Modifié en dernier par Renaissance le 30 avr. 2014, 11:48, modifié 1 fois.
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Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par Cacahuète57 » 09 août 2013, 02:58

Bon j ai une grande nouvelle a t annonce .. On n est sœur :) tes parents se sont mes parents !
Sinon magnifique récit , très émouvant ... J ai eu la larme à l œil :(

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Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par Naurile » 09 août 2013, 09:47

Waouh !

Et bien ton récit me fait vraiment relativiser sur mon cas ! Franchement, après tout ce que tu as vécu, un tel recul sur la situation est vraiment extraordinaire... je pense vraiment que tu es prête maintenant à te construire.

Tu es quelqu'un de très brillant, l'analyse que tu fais de ton parcours, le fait d'avoir pu avoir ces discussions avec tes parents vont te permettre de te mettre sur les rails et de laisser derrière toi tous ces problèmes de bouffe ancrés depuis si longtemps.

Je te souhaite vraiment d'être heureuse maintenant, tu le mérites amplement ! En tous cas, je suis prête à t'apporter tout mon soutien !

:love8: :love8:

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Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par dibibou » 09 août 2013, 12:24

Magnifique, prenant...je suis heureuse que tu es trouvé ton équilibre aujourd'hui, ainsi que l'amour :love8: je te bisouille :love5:
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Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par hippy » 09 août 2013, 14:54

C'est très courageux de ta part d'oser nous livrer ton histoire si touchante ! Après avoir lu ça je me dis qu'il y a bien plus malheureux que moi, et ça me permet de mettre mon égoïsme de côté au moins pour aujourd'hui...
Merci pour ton témoignage, qui montre que même après avoir traversé des moments si difficiles et si compliqués en communication avec tes proches tu peux t'en sortir parce que tu as dû beaucoup mûrir, et ce en accéléré :love13:
Je t'embrasse très fort, beaucoup de courage à toi :love8:

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Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par Renaissance » 09 août 2013, 19:32

J'espère que mon histoire servira à d'autres mais bon je sais que l'expérience des uns ne profite pas forcément à d'autres.
Quand je me relis, je me dis que j'étais quand même pas mal siphonnée en effet lol !

J'ai encore du mal à me dire que tout le monde n'a pas eu des rapports très tendu avec ses parents que mon histoire sort des sentiers battus. lol !

Cacahuète, j'ai toujours su que j'avais une grande soeur je suis contente que se soit toi, vraiment trop bien ce fofo, il sert même à retrouver sa famille disparue et tout lol !
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Ovaly

Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par Ovaly » 09 août 2013, 19:56

Eh ben c'est une sacrée longue histoire, très intéressante, comme quoi on a des passages dans notre vies qui sont souvent similaires...

Tu peux être fière de toi avec tout ce que tu t'es pris, tu en sors la tête haute et franchement, tu as trouvé ton "bon état d'esprit" (je sais pas is c'est bien clair ce que je raconte :roll: )

:love8:

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Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par Cacahuète57 » 10 août 2013, 01:43

Renaissance a écrit :J'espère que mon histoire servira à d'autres mais bon je sais que l'expérience des uns ne profite pas forcément à d'autres.
Quand je me relis, je me dis que j'étais quand même pas mal siphonnée en effet lol !

J'ai encore du mal à me dire que tout le monde n'a pas eu des rapports très tendu avec ses parents que mon histoire sort des sentiers battus. lol !

Cacahuète, j'ai toujours su que j'avais une grande soeur je suis contente que se soit toi, vraiment trop bien ce fofo, il sert même à retrouver sa famille disparue et tout lol !
Ben écoute ça tombe bien, je n ai pas de petite sœur ( 1 gd frère 1 gde sœur et 1 petit frère ). Par contre étant plus rancunière que toi, tu ne vas pas rencontre rapidement tes nouveaux parents :)

Tout le monde a un petit grain de folie , certain le cultive d autre l enterre profondément au fond d eux c tout ...
Je reste persuadé que nos faiblesses restent nos plus grandes forces. De cette épreuve terrible naîtra une magnifique fleur.
La femme que tu es devenue peux se regarder avec fierté dans la glace . Tu as traversé les épreuves non sans te brûler les ailes mais en gardant ton âme. C est cette souffrance qui te rend altruiste et terriblement humaine .
Rare sont les Hommes qui ont fait des grands choses et qui n ont pas de cicatrice ...

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Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par cora.rd » 13 nov. 2013, 03:17

Ton récit est incroyable , je n'en ai pas perdu une miette .
Bizarrement , j'ai une relation avec mes parents qui peut ressembler à la tienne , sauf que ma mère n'a encore rien accepté ..
J'ai longtemps cru que mon mal être était irréel et que c'était aussi moi la source des problèmes .. mais le chemin fait son oeuvre et m'a mis sur cette page et MERCI , car j'en suis sûr , je ne suis pas fautive .. chacun à sa part de responsabilité mais quand on est enfant je pense que notre comportement découle forcément de certains agissement de nos parents .
En tout cas merci , c'est rafraichissant , et pfiouuu ça fait un bien fou ! :love5:

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Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par Renaissance » 29 nov. 2013, 04:12

cora.rd a écrit :Ton récit est incroyable , je n'en ai pas perdu une miette .
Bizarrement , j'ai une relation avec mes parents qui peut ressembler à la tienne , sauf que ma mère n'a encore rien accepté ..
J'ai longtemps cru que mon mal être était irréel et que c'était aussi moi la source des problèmes .. mais le chemin fait son oeuvre et m'a mis sur cette page et MERCI , car j'en suis sûr , je ne suis pas fautive .. chacun à sa part de responsabilité mais quand on est enfant je pense que notre comportement découle forcément de certains agissement de nos parents .
En tout cas merci , c'est rafraichissant , et pfiouuu ça fait un bien fou ! :love5:
Je suis contente que ce récit est pu te réconforter :grin: Je vais aller voir ton JBD pour comprendre un peu ton histoire.
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Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par Renaissance » 07 déc. 2013, 03:11

nectarine a écrit :Bonjour
Merci pour ce long texte !
C'est vraiment chouette le travail que tu as fait sur toi ! Tu as les outils pour t'en sortir maintenant !
Combat de tous les jours. :grin:
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Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par Renaissance » 01 mai 2014, 10:29

Mise à jour le 30 avril 2014 en bleu.
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Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par Daenarys » 23 juin 2014, 16:38

J'ai tout lu.... vraiment oui, tous les mots ainsi que la nouvelle chose ajoutée..
Excellent travail sur toi ma Belle ! :love1:
Tu as toutes les raisons d'être fière de toi.. vraiment très fière ! Je sais à quel point c'est difficile. :)

Ta vie n'a pas été facile.. c'est dingue comment l'alimentation peut refléter à ce point un malaise.. mais petit à petit on devient plus fort ! :love5:

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Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par Claire58 » 23 juin 2014, 22:37

Renai, comme Daenarys, j'ai lu l'intégralité de ton explication ..
Tout d'abord, je tiens à te tirer mon chapeau pour nous avoir dévoilé tout ça .. Le vrai fond du problème n'ait pas juste une prise de poids mais cela va bien au delà de ce que l'on peut penser ..
Par moment, je me retrouve dans ce que tu dis (je ne donnerais pas de détails plus précis) .. Et j'ai juste envie de te féliciter d'être ce que tu es aujourd'hui .. D'être toujours là car malgré tout, il faut en prendre compte/conscience et de ce que tu vas devenir.
Tu as fait un travail sur toi qui mérite d'être crier haut et fort ..

Je suis aussi attristée de voir que certains parents peuvent agir comme ça .. Je n'ai pas d'enfants .. Mais même .. Après, leurs en vouloir, cela ne changera pas le passé et n'aiderait pas le futur ..

Tu as une force de caractère qui se justifie de tout cela ..

Je finis mon message en te disant que je suis épatée par ton histoire et que je te souhaite maintenant du bonheur et de la gniac pour arriver à contrer tout ça ...
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Obj intermédiaire atteint : 56.5 au 26 Juillet 2014 : Perdu 4.6kilo en 3mois et 22jours
Pesée début décembre 2014 : 61.2
Reprise du réequilibrage début décembre 2014
Méthode WW : depuis le 01 Avril 2015 à 59 kg
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mirlaine
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Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par mirlaine » 24 juin 2014, 22:06

Tes parents ressemblent aux miens, même chose en ce qui concerne les châtiments que ton père te donnait.

La super exigence est-ce qui entraîne des tca ?

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Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par Renaissance » 25 juin 2014, 09:05

mirlaine a écrit :Tes parents ressemblent aux miens, même chose en ce qui concerne les châtiments que ton père te donnait.

La super exigence est-ce qui entraîne des tca ?
Ca peut etre une des raisons en effet. Souvent les TCA sont lies a un contexte familial. Chaque personne a une histoire differente mais chercher de ce cote la me parait pas une mauvaise idee.
Claire58 a écrit :Renai, comme Daenarys, j'ai lu l'intégralité de ton explication ..
Tout d'abord, je tiens à te tirer mon chapeau pour nous avoir dévoilé tout ça .. Le vrai fond du problème n'ait pas juste une prise de poids mais cela va bien au delà de ce que l'on peut penser ..
Par moment, je me retrouve dans ce que tu dis (je ne donnerais pas de détails plus précis) .. Et j'ai juste envie de te féliciter d'être ce que tu es aujourd'hui .. D'être toujours là car malgré tout, il faut en prendre compte/conscience et de ce que tu vas devenir.
Tu as fait un travail sur toi qui mérite d'être crier haut et fort ..

Je suis aussi attristée de voir que certains parents peuvent agir comme ça .. Je n'ai pas d'enfants .. Mais même .. Après, leurs en vouloir, cela ne changera pas le passé et n'aiderait pas le futur ..

Tu as une force de caractère qui se justifie de tout cela ..

Je finis mon message en te disant que je suis épatée par ton histoire et que je te souhaite maintenant du bonheur et de la gniac pour arriver à contrer tout ça ...
Finalement quand je relis, en plus d'un style affreux je me rend compte que j ai oublie plein de chose. De toutes facons ca serait complique d etre exaustif...

Maintenant je trouve que j arrive de mieux en mieux a pardonner a mes parents car aucun parent n est parfait. J ai vraiment peur d avoir des enfants un jour et de reproduire les memes erreurs ou bien d en faire des pires.
Daenarys a écrit :J'ai tout lu.... vraiment oui, tous les mots ainsi que la nouvelle chose ajoutée..
Excellent travail sur toi ma Belle ! :love1:
Tu as toutes les raisons d'être fière de toi.. vraiment très fière ! Je sais à quel point c'est difficile. :)

Ta vie n'a pas été facile.. c'est dingue comment l'alimentation peut refléter à ce point un malaise.. mais petit à petit on devient plus fort ! :love5:
Merci beaucoup daenarys, oui je pense qu il y a une chose dont je peux etre fiere c est la remise en question et le travail mais ce n est pas encore termine. Je ne sais pas si ca pourra se terminer un jour en fait lol! J imagine que tu as eu ton lot de souffrance et tu as tellement raison l alimentation est le reflet de ce que l on ressent. :grin:
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2002-2009 : Descente aux enfer
2010 : diminution des TCA
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Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par JlaJouCool » 08 sept. 2014, 12:15

coucou renaissance waouh quel parcours je tes lu du début à la fin et je me dis quel courage je serais la pour toi si tu a besoin grosse bizouille
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Re: (LONG) Renaissance, son histoire avec les TCA

Message non lu par Indoclaire » 27 sept. 2014, 21:44

Wahou!

Je reste sans voix après ce récit!

...

Je... sais pas quoi dire. Enfin si j'ai envie de dire plein de choses mais aucune ne parait être la bonne chose à dire...

Je suis heureuse de savoir que tu es sortie de cet enfer.

En lisant le début (anorexie) j'avais l'impression que c'était une "amie" à moi qui aurait pu l'écrire. Le fait que personne à part une personne connaisse la vérité... Je me suis retrouvée "de l'autre côté", à être une de ces personnes qui ne savent rien... On voit que ça ne va pas, que quelque chose ne tourne pas rond... mais on est impuissant tant que l'autre ne nous dit pas pourquoi il va mal. Et j'ai détesté être impuissante... Mon "amie" (je mets des guillemets parce que j'ai l'impression que c'était une amitié à sens unique, qu'elle comptait beaucoup pour moi, mais à l'inverse, elle ne me faisait pas assez confiance pour me confier son histoire) a probablement traversé un enfer aussi, elle est arrivée en début d'année de première et elle a disparu du jour au lendemain sans que je ne sache jamais ce qui lui est arrivée... Alors en te lisant, j'avais un peu l'impression que c'était son histoire que je lisais (non les dates ne concordent pas - lol - et puis elle ne va apparemment pas mieux aujourd'hui)...

Enfin bref, je voulais te dire MERCI d'avoir partagé ton histoire de manière aussi intime et touchante :love1: . Je lisais quelques commentaires, et oui ça nous fait relativiser sur nos propres histoires (pour certains d'entre nous en tous cas), je n'aurais pas aimé être à ta place, et je te tire mon chapeau pour t'en être sortie. Je suis admirative du courage, de la force, de la volonté... qu'il a du te falloir!!! (même si tu ne le vois pas comme ça, je te garantie que tout le monde n'aurais pas fait aussi bien que toi! pas moi en tous cas!)

Je voulais aller t'encourager sur ton jdb, pour le sport et tout... mais comme je supporte pas vraiment de lire ce que les gens mangent (ça me donne envie, et qui dit envie dit crises et ça c'est pas bon... ^^ ps: je suis hyperphagique), je me contenterai de t'envoyer une immense montagne d'encouragement et d'ondes positives!! =D ...pour le sport et pour tout le reste! Ah et je rajouterai, bonne découverte de l'Australie!! :))))

Signé: Une fille qui aime le sport et qui aimerait qu'un jour toi aussi tu penses pareil (parce que le sport n'est pas ton ennemi! que les courbatures ça fini toujours par passer... et qu'il faut juste se souvenir des bons moments passés avec les amis, à souffrir ensembles et à la satisfaction que l'on a d'avoir réussi à se dépasser! =D ...je te jure, un jour tu verras! ;) )


:love17: :love17: :love17: :love17: :love17: :love17: :love17: :love17: :love17: :love17: :love17: :love17: :love17: :love17:
journal-bord/ecriture-sera-mon-remede-t18590.html <- jdb de moa xp

Quelque soit votre combat, COURAGE à tous!!

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