Nutrition et santé.

Plan de l'article:

I- Lien entre santé et nutrition
II- L’équilibre alimentaire
III- Nutrition et morbidité en France


I- Quel est le lien entre santé et nutrition ?

La nutrition est l'un des facteurs majeurs contribuant à la survenue de diverses pathologies. Elle n est pas l'unique cause de ces pathologies, mais en constitue un facteur favorisant, essentiel parmi d'autres facteurs d'environnement ou génétique. C'est un facteur pour lequel il est possible d'intervenir. Remarquons également que si la nutrition représente un facteur de risque, paradoxalement, elle peut aussi être un facteur de protection.
Les grandes carences alimentaires, qui persistent dans de très nombreux pays en développement, conduisent à des malnutritions. Ces tableaux cliniques, sévères dont les images ont été largement médiatisées, ont, hors cas très particuliers, disparu en France et dans les pays industrialisés. En France, persistent les cas d'anorexie sévères, de maltraitances à l'enfant et les grandes dénutritions de personnes âgées.
La relation entre nutrition et santé est maintenant, dans nos sociétés industrialisées, d'une nature différente. Il s'agit le plus souvent d'excès, les carences ne concernant que des groupes particuliers (personnes âgées en institution, populations en situation de grande précarité, par exemple). L'alimentation et l'état nutritionnel qui en résulte participent de façon majeure à la survenue des maladies les plus répandues.
De nombreux facteurs influencent l'apparition des principales pathologies qui touchent les Français (maladies cardiovasculaires, cancers, obésité, diabète, ostéoporose). Ils sont d'ordre génétique, et liés à l'environnement et au mode de vie : tabagisme, alcoolisme, insuffisance d'exercice physique.
Parmi ces facteurs, il est aujourd'hui bien établi que l'alimentation joue un rôle essentiel.
Ce point est d'autant plus important que l'alimentation est un facteur sur lequel les possibilités d'intervention existent tant à niveau individuel qu'en termes de Santé Publique et de prévention (information sur la composition d'un régime alimentaire quotidien équilibré, renforcement de la formation des professionnels de santé, amélioration de la restauration scolaire).

II- Qu'est-ce que l’équilibre alimentaire.

L’organisme tire des aliments divers substances nommées nutriment (vitamines, lipides, calcium, fer, etc.) afin d’assurer le bon fonctionnement des organes, l’activité physique, permettre la croissance de l’enfant, la production de lait maternel etc. Il n’y a pas d’aliment parfait et unique qui rassemble à lui seul tout ce qui est nécessaire. Il est donc indispensable de varier son alimentation pour fournir à l’organisme tout ce qui lui est nécessaire. Cette variété est aussi le gage du plaisir retiré de la gastronomie issue de la culture culinaire de chaque nation.

Le conseil de base pour un bon équilibre alimentaire est « mangez de tout », en quantité raisonnable, en consommant des aliments de chacun des groupes d’aliments : fruits et légumes ; pain céréales, pommes de terre et légumes secs ; lait et produits laitiers ; matières grasses ; viandes poissons œufs ; boissons. La plupart des plats cuisinés sont composés de plusieurs aliments.

En France, compte tenu de l’évolution des consommations et des pathologies qui leur sont liées, on recommande en général de renforcer la consommation de fruits et légumes, ainsi que d’aliments du groupe pain et céréales, de modérer sa consommation de graisses, surtout liées aux viandes et produits laitiers. La consommation de sel doit être modérée. La seule boisson indispensable est l’eau. Une adaptation de ces conseils généraux est bien sûr nécessaire en fonction de diverses circonstances (grossesse, maladie, croissance…).

III- Nutrition et morbidité en France.

De façon schématique, voici quelques chiffres :

- Les maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux) sont aujourd’hui la première cause de mortalité en France (32 % des décès), à l'origine de près de 170 000 décès chaque année.

- Les tumeurs malignes représentent 29 % de l’ensemble des décès chez l’homme et 23 % chez la femme. Le nombre de nouveaux cas est estimé 240 000 par an. La nutrition intervient sur certains types de cancers (notamment oropharyngés et digestifs : c’est un des chapitres de l’objectif de prévention du plan cancer).

- L’obésité concerne 7 à 10 % des adultes et 16 % des enfants âgés de 7 à 10 ans. En France, sa fréquence augmente chez les enfants de façon inquiétante depuis quelques années.

- L’ostéoporose, qui entraîne une fragilité osseuse exposant les patients à un risque de fractures (en particulier du col du fémur) concernerait 10 % des femmes à 50 ans, 20 % à 60 ans et 40 % à 75 ans.

- La prévalence du diabète, tous âges confondus, est estimée entre 2 % et 2,5 % de la population générale (plus de 80 % des diabètes sont liés à des surcharges et à des déséquilibres nutritionnels).

- L’hypercholestérolémie concerne près d un adulte sur cinq (supérieure à 2,50 g/1).

- Un défaut de fermeture du tube neural est présent dans environ une grossesse sur 1 000 ; cette anomalie est le plus souvent liée à un déficit en acide folique.

- La fréquence de la carence en fer est d’environ 30 % chez les enfants âgés de 6 mois à 2 ans ; 14 % chez les enfants âgés de 2 à 6 ans et de 6 % chez les enfants âgés de 6 à 10 ans. Elle atteint également 15 % des adolescentes et environ les deux tiers des femmes en fin de grossesse, une anémie survenant chez plus de 10 % d’entres elles.

- La dénutrition touche environ 4 % des personnes âgées vivant à domicile et 30 à 60 % des personnes âgées hospitalisées.

- L’anorexie, pathologie d’origine essentiellement psychologique qui conduit à une dénutrition sévère, atteint environ 1,3 % des adolescentes âgées de 15 à 20 ans.

- L’alcoolisme est responsable de 35 000 décès par an et représente 3,3 % des décès chez les hommes et 1,4 % chez les femmes.


Source: Ministère de la santé