Durant un moment, j’ai donc diminué mes repas et j’ai
continué de manger pleins de sucrerie le soir quand toute la maisonnée dormait.
Imaginez se retrouver chez des inconnus qui te reçoivent durant un an et
commencer votre relation « familiale » par vider tout le contenu de
peur armoire chaque soir.
Bientôt je me mis à détester mon corps. Je découvris
donc les vomissements qui me permettaient d’assouvir mon manque de contrôle
alimentaire (résultat du mois passé à m’empiffrer) tout en ne prenant pas une
once, ou presque je ne sais pas.
Cela dura un mois ou moins peut-être. Jusqu’à ce que je
me dégoûte royalement. Sitôt dis, sitôt fait, j’arrêtai de dévorer le contenu
des armoires et me remis au contrôle extrême. Je ne mangeais plus que de la
salade, et des choux de Bruxelles le soir au repas. Choux que je me permettais
de vomir lorsque j’allais prendre mon bain. Je ne mangeais plus et je vomissais
toujours, ma peur était devenue gigantesque.
Je fis donc cela jusqu’à mon départ. Qui arriva plus
vite que prévu. Je dois dire que mon horaire scolaire comprenait un cours
d’activité physique quotidienne ou je devais courir chaque matin plusieurs
miles. Étrangement, dans cette école, l’horaire quotidienne était toujours la
même, donc l’activité physique était obligatoire à tous les jours. Merveilleux
en fait pour qui se nourris bien mais mortel pour celle qui ne mange rien et se
fait vomir.
Au risque de me faire prendre par ma famille d’accueil,
puisque ma douche se rallongeait entre le temps ou je vomissais et le temps ou
j’entrais dans la douche, je me suis logiquement dit ; « pourquoi ne
pas vomir dans la douche, la chaleur m’aidera sûrement et tout passera
inaperçu. »
Bravo à moi… j’ai du bloquer les conduit d’eau de leur
maison. Je ne le sais pas en fait parce que, cinq mois après mon arrivé je
perdis connaissance sur les trottoirs extérieurs de mon école. Un bon
samaritain me transporta à l’infirmerie ou on fit l’agréable constatation que
je m’étais ouvert le menton et cassé quelques dents.
À partir de ce jour, je décidai que je voulais revenir
au québec. J’étais malade et j’avais besoin d’aide.
Je suis donc revenu chez moi plus tôt que prévu. Je suis
allé m’installer chez ma mère qui demeurait avec son nouveau copain dans ma
maison. J’ai donc retrouvé une nutritionniste et un thérapeute avec l’espoir de
m’en sortir. Mes journées n’étaient constituées que d’essais et d’erreur avec
la nourriture. Je ne travaillais pas, je n’allais pas à l’école, j’étais
concentré sur ma maladie.
Un beau jour, après peut-être un mois, le copain de ma
mère exprima sa colère su fait que je ne faisais rien à ses yeux et que je
devais me mettre au travail si ce n’était pas les études. Je me suis retrouvé
caissière dans un magasin d’articles de bureau. Gelée en permanence parce que
l’air climatisée était à son maximum et que mon apport calorique lui ne l’était
pas!